Jour 23 : Vendredi Saint

Passion de notre Seigneur Jésus Christ

(De l’Évangile selon saint Jean, 18, 1 – 19, 42)

Dans le jardin, Jésus conduit son arrestation

En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.
Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit.
Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver,s’avança et leur dit :
« Qui cherchez-vous? »
Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. »
Il leur dit : « C’est moi, je le suis. »
Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.
Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous? »
Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. »
Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. »
Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. »

Jésus a tout compris. Il vient au-devant. Il se présente lui-même.

La force de la douceur s’évalue à la puissance de la force qu’on met en face !

« Jésus, le Nazaréen », c’est l’identité qu’Il revendique clairement.

Les autres « titres » resteront dans le flou du mystère.

Et déjà, nous percevons ce qui le guide : « ACCOMPLIR ». Ce verbe reviendra six fois dans la Passion selon saint Jean.

Jésus, tu es un passionné. Tu le diras plus loin : « passionné de la Vérité ». Ta passion rend témoignage à la vérité : « Voici l’Homme » « Il est roi … pas de ce monde ». La vérité de Dieu affleure partout pour ceux dont les yeux voient.


Changement d’armes !

Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus.
Jésus dit à Pierre :
« Remets ton épée au fourreau.
La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »

Jésus, la nouvelle alliance que tu viens inaugurer, tu ne vas pas la sceller par l’épée mais par la coupe, celle devant laquelle tu diras tout à l’heure : « J’ai soif ». Ta nourriture – et ta boisson – a toujours té de faire la volonté de ton Père.


Qu’un homme meure pour tous !

Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent.
Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »

Dieu sait écrire droit avec des lignes courbes !

Nos raisonnements sont parfois tortueux, parfois, d’un « bon sens » plus que douteux.

On ne doute pas toujours de la portée de nos paroles.

À plusieurs reprises, dans la passion, la vérité affleure sous des propos qui ne s’en soucient pas le moins du monde. « Il vaut mieux qu’un homme meure pour tout le Peuple. » Je ne sais pas, Jésus, si cela vaut mieux … mais, tu le sais, tu meurs pour tout le Peuple ! Tu veux qu’aucun ne soit perdu de ceux que le Père t’a donnés. Tu nous reçois comme un cadeau de ton Père qui veut faire de Toi l’aîné d’une multitude de frères. Dans le Royaume de ton Père, « nul ne vit pour soi-même ; nul ne meurt pour soi-même. »


Non, je ne le suis pas !

Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus.
Comme ce disciple était connu du grand prêtre,
il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
Pierre se tenait près de la porte, dehors.
Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre –
sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre.
Cette jeune servante dit alors à Pierre :
« N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? »
Il répondit :
« Non, je ne le suis pas ! »
Les serviteurs et les gardes se tenaient là; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer.

« Je ne le suis pas ! »

Est-ce le verbe « être » ou le verbe « suivre » ?

Le disciple n’est-il pas celui qui suit le maître ? et Pierre l’a déjà entendue cette injonction de Jésus : « Passe derrière moi ! »

(C’est qu’il avait eu l’idée satanique de passer devant pour lui montrer la route)

Somme toute, se chauffer au même feu que tout le monde vaut bien un mensonge banal.

Tu le savais, Jésus. C’est pour Pierre que tu as dû avoir mal : une telle claque à sa prétention, ça doit faire mal … même si c’est salutaire. Pierre n’a eu besoin que de ton regard pour comprendre : quand Dieu nous choisit, ce n’est pas parce que nous sommes « le plus », c’est seulement par amour, c’est gratuit … et après, Il fait avec ! mais Il y met le prix.


Petit, il voulait faire plaisir au grand

Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement.
Jésus lui répondit :
« Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette.
Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu.
Eux savent ce que j’ai dit. »

À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus,
lui donna une gifle en disant :
« C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
Jésus lui répliqua : « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »
Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.

JÉSUS

HOMME LIBRE !

Il n’a pas à se justifier ; c’est Lui le juste.

Il n’a pas à s’excuser ; Il n’a jamais commis le mal.

Il n’a à rendre compte devant personne : Il n’a qu’un seul Père, un seul Maître.

Il n’est pas atteint par les outrages : « Il a rendu son visage dur comme pierre » ce jour où Il a pris résolument la route de Jérusalem.

Libre parce que conduit seulement par l’Amour ! C’est l’Esprit qui rend libre.

Donne-nous, Jésus, de grandir dans cette liberté que tu as voulue pour nous : « Si le Christ vous a libérés, c’est pour que vous soyez vraiment libres » ; non d’une liberté qui se retournerait contre vous-mêmes, mis de cette liberté que Christ vous a acquise.


Non, non, non, trois fois non !

Simon-Pierre était donc en train de se chauffer.
On lui dit : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? »
Pierre le nia et dit : « Non, je ne le suis pas ! »
Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista :
« Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? »
Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.

Il arrive qu’un banal mensonge nous enferme dans une spirale dont nous ne trouvons pas la sortie.

Si le chant des sirènes a le pouvoir de nous endormir, celui du coq fait lever le soleil de vérité.

La vérité sur toi, Pierre : tu es de notre humanité. Et encore, tu n’as pas cherché d’excuses. Tu n’as pas, comme Adam et Eve, rejeté la faute sur l’autre.

Saint Jean ne le dit pas, mais : « bienheureux ceux qui pleurent ! » le pardon viendra mettre la paix en leur cœur. Aux filles de Jérusalem, Jésus disait : « Pleurez sur vous et sur vos enfants. » « La paix soit avec vous », n’est-ce pas le premier message du Ressuscité.


Le grand procès

Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin.
Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal.
Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda :
« Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? »
Ils lui répondirent :
« S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. »
Pilate leur dit :
« Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. »
Les Juifs lui dirent :
« Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »
Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit :
« Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda :
« Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit :
« Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara :
« Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit :
« Alors, tu es roi ? »
Jésus répondit :
« C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Pilate lui dit :
« Qu’est-ce que la vérité ? »
Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara :
« Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »
Alors ils répliquèrent en criant :
« Pas lui ! Mais Barabbas ! »
Or ce Barabbas était un bandit.

Face au politique : ce n’est pas un mauvais bougre ce Pilate ; il a des côtés sympathiques … mais il craint pour son siège « éjectable »

Face au religieux : plus retors, celui-là. Il n’apporte aucun motif de condamnation ; Il manipule les bas instincts. A ce pouvoir, Jésus a déjà reproché : « Vous filtrez le moucheron (de la bonne pratique de la loi) et vous avalez le chameau (de la condamnation d’un innocent)

Face à la foule : Elle est mise sur les rails de la haine … Elle vocifère … et fait le choix d’un brigand !

On peut en même temps pratiquer l’injustice, et poser les bonnes questions : « Qu’est-ce que la vérité ? »

« Ainsi s’accomplissait la Parole que Jésus avait dite pour signifier par quel genre de mort il devait mourir. »


Le grand procès

Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Ils s’avançaient vers lui et ils disaient :
« Salut à toi, roi des Juifs ! »
Et ils le giflaient.

Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit :
« Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre.
Et Pilate leur déclara :
« Voici l’homme. »
Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier :
« Crucifie-le ! Crucifie-le ! »
Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Ils lui répondirent :
« Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.
Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus :
« D’où es-tu? »
Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors :
« Tu refuses de me parler, à moi ?
Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? »
Jésus répondit :
« Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. »
Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher; mais des Juifs se mirent à crier :
« Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. »
En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors; il le fit asseoir sur une estrade
au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha.
C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi.
Pilate dit aux Juifs :
« Voici votre roi. »
Alors ils crièrent :
« À mort ! À mort ! Crucifie-le ! »
Pilate leur dit :
« Vais-je crucifier votre roi ? »
Les grands prêtres répondirent :
« Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »
Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié.

Le pouvoir militaire n’est pas en reste. La force peut conduire au mépris, à l’humiliation … et même à la jouissance dans la torture !

Il n’a que faire de l’affaire jugée. Il exécute les ordres et profite de l’aubaine.

Tous les pouvoirs se sont ligués pour que ce soit la foule qui crie la sentence. Peut-on si facilement s’en laver les mains ?

Finalement, la condamnation est religieuse : « Il s’est fait Fils de Dieu ». Jésus ne répondra donc pas à la question de Pilate : « D’où viens-tu ? » Il sait qu’Il est « sorti du Père », mais les yeux sont aveuglés. Il leur avait dit : « Croyez au moins à cause des œuvres. » Mais la cause est entendue devant ceux qui disent : « Nous voyons. »

« ECCE HOMO » : l’expression est connue par celles et ceux qui aiment la basilique. La statue est voisine de la chaire à prêcher. « Voici l’Homme » Pilate ne croyait pas si bien dire. Cet homme qui est fait pour le plus grand amour qui consiste à donner sa vie pour ceux qu’on aime.


La vérité sort de la bouche de Pilate

Ils se saisirent de Jésus.
Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix; il était écrit :
« Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec.
Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate :
« N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs.” »
Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »

Pilate a dit :

  • « Je ne trouve en Lui aucun motif de condamnation ». (Il l’a même dit à deux reprises.)
  • « Voici l’Homme »
  • « Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs »

Dieu, dans l’ancien testament avait bien parlé par la bouche de Cyrus, roi de Perse. Et le prophète Élie avait bien guéri de la lèpre Naaman, le Syrien.

Et Le voilà maintenant entre deux brigands : drôle de compagnie pour Celui qui « s’est fait Fils de Dieu ! »

Dans ta vie, Jésus, tu as souvent montré que ton Dieu n’avait pas le même sens des frontières que nous. Il se tient souvent où on ne l’attend pas ; si bien qu’il peut nous arriver de la chercher là où Il n’est pas. Seuls les bergers et les mages l’ont trouvé à la crèche ! Et, Toi-même, Jésus, c’est ta rencontre avec la Cananéenne qui t’a fait comprendre que « les petits chiens mangent sous la table, les miettes des petits enfants ».

Dieu est vraiment le « Tout Autre » !


Ils prirent ses vêtements

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux :
« Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. »
Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture :
Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement.
C’est bien ce que firent les soldats.

« Ainsi s’accomplissaient les Écritures »

« Comme l’agneau que l’on tond à l’abattoir » écrivait le prophète Isaïe.

Lui-même avait dit : « Si quelqu’un veut te prendre ta tunique, laisse prendre aussi ton manteau. »

Le don est sans retenue, mais le dépouillement est aussi dévoilement : « Ainsi seront dévoilées les pensées d’un grand nombre. »

Le mystère de Dieu est dévoilé, mais « ne parait pas encore clairement » comme l’écrit Saint Paul en parlant de notre filiation divine.

Job déclarait : « Nu, je suis venu de la terre ; nu, j’y retournerai ».

Voilà bien la fragilité de l’homme que tu es venu partager. « Il ne retint pas le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti. » L’épître aux Philippiens nous invite à méditer cette « descente » qui te fait frère du plus bas.


Tout est accompli

Sur cette icône, Jésus se tient debout sur les Écritures. En son mystère pascal, toutes les promesses des premières alliances trouvent leur accomplissement. Le mystère de la miséricorde régénère toute l’humanité dans le pardon.

Le Père l’avait dit au moment du baptême : « Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé en qui j’ai mis tout mon amour. » Et tout cet amour est venu illuminer les ténèbres du péché et de la mort.

« Qu’est-ce que la vérité ? » avait demandé Pilate. C’est que « l’Amour a vaincu la mort; la croix a vaincu l’enfer. »

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple :
« Voici ta mère. »
Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit :
« J’ai soif. »
Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée.
On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :
« Tout est accompli. »
Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

Jésus, ils t’ont tout pris sauf ton souffle, ce souffle divin que Dieu lui-même avait soufflé dans les narines d’Adam. Personne ne te le prendra. Tu sais à qui tu le remettras. Alors, la circulation de ce souffle se répandra sur l’univers.

Toi, le Bon Berger, tu l’avais promis en parlant de tes brebis : « Personne ne les arrachera de ma main ». Personne ne les prend, c’est Toi qui les donnes l’un à l’autre. Le souffle circule déjà.


Du sang et de l’eau

(Si nous le pouvons, nous nous agenouillons et marquons un temps de silence.)

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique; et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

« Il était déjà mort »

Puisque tout était accompli, puisqu’il voulait donner sa vie, nul besoin d’aller jusqu’à ce moment où les soldats lui auraient pris sa mort en la hâtant.

Il est mort quand « son heure était venue » et non à l’heure que l’on aurait décidée pour lui.

Et ce don se répand pour mieux nous rejoindre par l’eau du baptême (celle que le prophète Ézéchiel voyait couler du côté du Temple) et le sang de l’eucharistie (le sang qui avait marqué les portes des Hébreux dans leur itinéraire de libération).

Jésus, tel le serpent que Moïse éleva au désert, tu nous invites à lever les yeux vers Toi. « Celui qui regardera le serpent sera guéri. » Telle était la promesse de Moïse. Celui qui lève vers toi le regard de sa foi, celui-là est guéri, « sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir. »

« Tiens ma lampe allumée, la flamme est si fragile ; ce soir, je viens mendier ton pain, ton eau, ton huile… »


Dans le jardin au tombeau

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs,
demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus.
Et Pilate le permit.
Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi;
il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf
dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

– Acclamons la Parole de Dieu. Louange à toi, Seigneur Jésus !

Disciple, mais en secret – Il était venu trouver Jésus, mais de nuit. Les amitiés viennent au jour. Déjà, les témoins engagent leur vie.

Quelque chose flotte d’une nouvelle création : nous sommes dans le jardin – l’arbre de vie est planté – le tombeau est « tout neuf » et vierge de tout occupant.

« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruits. »

Mais, même l’amitié ne peut aller au-delà de ce point final sans suspension.

Tout est prêt – tout frémit de possible nouveauté. Il faut respecter le temps de l’histoire et de la liberté des Hommes.

Ils te déposèrent, Jésus; comme Toi, tu remis l’esprit. Délicatesse de gestes comme en suspens, mais en suspens au-dessus du vide de la mort. Le premier jardin, Dieu l’avait confié à l’Homme, l’homme ici te confie au jardin. Mais Dieu est toujours Appel à la vie : « Homme, où es-tu ? » C’est à ce Dieu que tu as remis ton souffle. C’est à ce souffle que l’histoire des Hommes est suspendue.


À demain

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