Jour 70 – 19° jour d’un chemin avec Marie

Demandons l’Esprit de force

Les Actes des Apôtres font partie des lectures quotidiennes de la messe de ce temps de préparation à la Pentecôte. Hier, on y a lu combien le ministère de Paul était éprouvé par mille difficultés, au point de lui faire craindre le pire, de la part des juifs, à Jérusalem, et de lui faire dire : « Je sais seulement que l’Esprit Saint témoigne, de ville en ville, que les chaînes et les épreuves m’attendent. Mais en aucun cas, je n’accorde du prix à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu. »

Qui donc, sinon l’Esprit de force, pourrait inciter quelqu’un de normal, fût-il apôtre, à mettre ainsi sa vie en jeu ? Même Jésus avait redouté de monter vers Jérusalem, au-devant du supplice. Pour surmonter sa crainte, il avait durci le visage (Lc 9, 51).

Le don de force nous libère de la peur. C’est lui qui ouvre les portes du Cénacle à la Pentecôte et envoie les apôtres. Il lève en nous les freins de nos timidités ou simplement de nos manques de courage et d’envie. Mais c’est pour nous mettre au service de l’amour et de l’annonce de l’Évangile, pas pour faire de nous des super-héros !

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1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

Dans le silence, je demande à l’Esprit de toucher en moi toutes mes zones de retranchement et de me donner la force d’en sortir.

3. Psaume

Psaume 67 (extraits)

Ton Dieu l’a commandé : « Sois fort ! »
Montre ta force, Dieu, quand tu agis pour nous !
De ton palais, qui domine Jérusalem,
on voit des rois t’apporter leurs présents.

Royaumes de la terre, chantez pour Dieu,
jouez pour le Seigneur.
Voici qu’il élève la voix, une voix puissante;
rendez la puissance à Dieu.

Redoutable est Dieu dans son temple saint, le Dieu d’Israël;
c’est lui qui donne à son peuple force et puissance.
Béni soit Dieu !

Ton Dieu l’a commandé : « Sois fort ! »
Montre ta force, Dieu, quand tu agis pour nous !
De ton palais, qui domine Jérusalem,
on voit des rois t’apporter leurs présents.

Royaumes de la terre, chantez pour Dieu,
jouez pour le Seigneur.
Voici qu’il élève la voix, une voix puissante ;
rendez la puissance à Dieu.

Redoutable est Dieu dans son temple saint, le Dieu d’Israël;
c’est lui qui donne à son peuple force et puissance.
Béni soit Dieu !

Commentaire

Ton Dieu donne… Rendez ! Ailleurs, la Parole de Dieu s’exprimera ainsi : « Comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n’y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange, ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins.» (Isaïe 55, 10-11)

Notre Dieu est un Dieu de Vie; en Lui, sont : abondance, générosité, fécondité… En Lui, la force et la puissance d’une Vie en abondance qui a pour dessein la vie et le bonheur des hommes, de tous les hommes (du pain à celui qui mange). En nous, trop souvent sont : barrages, aridité, étroitesse, désintérêt, paresse… Tout ce qui peut faire obstacle à la vie, parce que la vie, lorsqu’elle engage, lorsqu’elle s’engage dans la nôtre, peut susciter la peur et créer la paralysie.

Demander à Dieu son Esprit de force, c’est lui demander à la fois de nous pardonner pour nos manques et de nous en guérir.

Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.

4. Témoignage

Bien des personnes vivent de manière cachée ce qu’il fut donné de vivre à la famille de Chiara Luce Badano de façon plus manifeste, non pour sa propre gloire, mais pour la gloire de Dieu et le salut du monde, comme un chemin de sainteté pour tous.

Last times - Chiara "Luce" Badano

Été 1988. À 17 ans, Chiara tombe malade de manière subite. Au cours d’une partie de tennis, elle se plaint d’une forte douleur à l’épaule et fait tomber sa raquette. On croit d’abord qu’il s’agit d’une simple fracture mais les soins dispensés ne parviennent pas à résoudre le problème et poussent les médecins à approfondir leurs analyses. Ce qu’ils découvrent laisse très peu d’espoir : Chiara souffre d’un ostéosarcome – un grave cancer des os – avec métastases. Après une première opération, le chirurgien l’informe de la gravité de la situation.

Écoutons sa maman nous faire le récit de la réaction de Chiara face à cette nouvelle :

Je l’attendais, mais les minutes et puis les heures passaient jusqu’au moment où, de la grande baie vitrée de la chambre, je l’ai vue revenir. Elle marchait très lentement, avec son manteau vert, elle avait les mains dans les poches, et son père la suivait un pas en arrière. Dès qu’elle a ouvert la porte, je lui demandai : « Alors, Chiara, comment ça s’est passé ? » Mais elle, le visage sombre, sans me regarder, me répondit : « Maintenant, ne parle pas – à deux reprises- Maintenant, ne parle pas ! » et elle se laissa tomber sur le lit, tout habillée.

Le silence était terrible, je voulais lui dire plein de choses, « tu verras, peut-être… Tu es jeune … », mais je sentais que je devais faire comme elle m’avait demandé de faire.

Je la regardais : elle avait les yeux fermés mais d’après l’expression de son visage, je voyais toute la bataille qui se livrait en elle. Beaucoup de fois, elle avait dit dit oui à Dieu mais toujours dans la joie; maintenant, elle devait le dire dans la plus grande douleur et elle n’y arrivait pas.

Sur une petite étagère au-dessus de son lit, il y avait une petite montre. Après vingt-cinq minutes qui me parurent interminables, elle se tourna vers moi avec son expression et son sourire : « Maman, maintenant, tu peux parler, tu peux parler ! » Je pensais en moi-même : « Jésus, maintenant, Chiara a dit son oui, mais combien de fois devra-t-elle le répéter et combien de fois tombera-t-elle ? » Chiara a mis vingt-cinq minutes à dire oui, puis elle n’a plus jamais regardé en arrière.

Je me souviens, quand nous avons quitté l’hôpital, sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés sur une aire d’autoroute. Chiara, qui, habituellement descendait avec son père pour s’acheter quelque chose à manger, s’apprêtait à le suivre, quand elle s’est rendu compte qu’elle n’y arrivait plus. Et, avec l’air le plus naturel, elle a dit : « Ah oui ! C’est vrai, je ne marche plus ! » Face à ces mots, je me sentais mourir et, puisque j’étais assise derrière elle, j’ai posé mes mains sur ses épaules et je les ai serrées très fort en essayant d’étouffer mon cri de douleur.

Et le papa, Ruggero, continue :

Sans aucun doute, elle a offert cette douleur-là aussi à Jésus, ce moment si précieux, car à ce moment précis, elle se rendait compte qu’elle ne pourrait plus jamais marcher. Cela nous a beaucoup touchés, mon épouse et moi, car pour nous aussi c’était difficile, mais, en voyant comme elle le vivait, nous ne pouvions pas rester à notre niveau humain, fait de tristesse et d’inquiétude pour l’avenir, parce qu’elle voulait toujours être, rester avec nous, dans cette dimension que nous pourrions définir divine et humaine à la fois.

Ce qui nous a toujours aidé , pendant ces deux années, était la présence de Jésus parmi nous, cet élan pour essayer de Lui offrir cette douleur, comme nous en étions capables, tous les trois, et chacun à sa propre façon, comme nous en recevions la force. Et il y avait cette sérénité liée au fait que nous ne comprenions pas ce que nous vivions, mais que nous recevions la force de le vivre dans la paix.

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Chiara meurt le 7 octobre 1990, deux ans après l’apparition de sa maladie. Jusqu’au bout, elle accueillit dans sa chambre les nombreuses personnes, essentiellement des jeunes, qui venaient puiser dans sa foi et son sourire des forces pour leur propre vie. On dit qu’elle rayonnait, d’où le surnom de lumineuse (luce) qui lui fut donné. Ses derniers mots sont :
« Maman, sois heureuse car je le suis ! »

Elle fut béatifiée en septembre 2010. Voici la conclusion de l’homélie prononcée à l’occasion de cet événement :

Chiara Badano a été et est un exemple qui traduit de façon concrète et substantielle les paroles de Benoît XVI, envoyées récemment aux jeunes, en préparation de la JMJ de Madrid de 2011 : « Chers amis, la Croix nous fait souvent peur, car elle semble être la négation de la vie. En réalité, c’est le contraire ! Elle est le “oui” de Dieu à l’homme, l’expression extrême de son amour et la source d’où jaillit la vie. Car du cœur de Jésus ouvert sur la Croix a jailli cette vie divine, toujours disponible pour celui qui accepte de lever les yeux vers le Crucifié. Je ne peux donc que vous inviter à accueillir la Croix de Jésus, signe de l’amour de Dieu, comme source de vie nouvelle. » Face au don que représente Chiara-Luce Badano pour nous et pour toute l’Église, nous ne pouvons qu’être en admiration et en action de grâce. À travers son témoignage, Dieu vous stimule, surtout vous, les jeunes, à ne pas suffoquer l’ardent désir, si présent à votre âge, d’une vie qui ait quelque chose de plus que la routine de la vie quotidienne; à aspirer à une vie qui atteigne cette grandeur et cette beauté, cette capacité d’amour universel, que Dieu a imprimé dans la personne humaine en la créant à son image. (Cliquer sur le nom de Chiara imprimé en doré pour mieux la connaître.)

Nous pourrions conclure ce témoignage par le conseil donné par Paul à son disciple Timothée :

Ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains.
Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération.
N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. (2 Tim.1, 6-8)

5. Prions

Avec le Pape François.

Il ne faut pas penser que le don de force n’est nécessaire que dans certaines occasions ou situations particulières. Ce don doit constituer la note de fond de notre être de chrétien, dans l’ordinaire de notre vie quotidienne.
Comme je l’ai dit, nous devons être forts tous les jours de notre vie, nous avons besoin de cette force pour mener notre vie, notre famille, pour vivre notre foi.

 
L’apôtre Paul a dit une phrase qui nous fera du bien :
« Je puis tout en celui qui me rend fort » (Ph 4,13).
Lorsque nous affrontons la vie ordinaire, lorsque surgissent des difficultés, souvenons-nous en :
« Je puis tout en celui qui me rend fort ».
Le Seigneur donne toujours la force, il ne nous en prive pas. Le Seigneur ne nous éprouve pas plus que ce nous pouvons le supporter.
Il est toujours avec nous. « Je puis tout en celui qui me rend fort ».

 
Chers amis, nous pouvons parfois être tentés de nous laisser prendre par la paresse, ou pire, par le découragement, surtout face aux fatigues et aux épreuves de la vie.
Dans ces cas-là, ne perdons pas courage, mais invoquons l’Esprit-Saint, pour qu’avec le don de force il puisse soulager notre cœur et communiquer à notre vie à la suite de Jésus une force et un enthousiasme nouveaux.
(Pape François, catéchèse du 14/05/2014
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6. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

7. Marie, temple de l’Esprit

Maire, temple de l’Esprit, toi qui es restée ferme dans ta foi, aide-nous à accueillir le don de force, afin que nous puissions, à notre tour, dire oui à la volonté de Dieu dans nos vies et dans la vie du monde.

Je te salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi; tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de tes entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

À demain !

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