Jour 11 : 5è dimanche de Carême

“CROIS-TU CELA ?” Délicatesse de celui qui nous invite à entrer dans la confiance et l’amour, nous laissant toujours le temps nécessaire et le droit de douter pour peu que notre désir reste tourné vers Lui.

1. Signe de Croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

(Je me recueille en marquant un temps de silence où je me mets en présence de Dieu qui est Présence.)

3. Entrons dans la prière de l’Église

« Dieu, qui nous combles de bénédiction par la richesse infinie de ta grâce, fais-nous quitter ce qui ne peut que vieillir ; Fais-nous entrer dans ce qui est nouveau, et nous serons préparés à la gloire du Royaume. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur, qui vit et règne avec Toi dans l’unité du Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amen »

4. Chant

Préparons-nous à accueillir la lumière de l’aurore naissante que la Parole de Dieu fait lever au cœur de notre monde.

5. Psaume

01 Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme, *

02 vers toi, mon Dieu. Je m’appuie sur toi : épargne-moi la honte ; ne laisse pas triompher mon ennemi.

R./ « Vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme – Ceux qui t’espèrent ne seront pas déçus ».

03 Pour qui espère en toi, pas de honte, mais honte et déception pour qui trahit.

04 Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route.

05 Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. C’est toi que j’espère tout le jour en raison de ta bonté, Seigneur.

R./ « Vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme – Ceux qui t’espèrent ne seront pas déçus ».

06 Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours.

07 Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; dans ton amour, ne m’oublie pas.

08 Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin.

09 Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin.

R./ « Vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme – Ceux qui t’espèrent ne seront pas déçus ».

10 Les voies du Seigneur sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois.

11 A cause de ton nom, Seigneur, pardonne ma faute : elle est grande.

12 Est-il un homme qui craigne le Seigneur ? Dieu lui montre le chemin qu’il doit prendre.

13 Son âme habitera le bonheur, ses descendants posséderont la terre.

14 Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ; à ceux-là, il fait connaître son alliance.

R./ « Vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme – Ceux qui t’espèrent ne seront pas déçus »

6. Évangile

De nouveau, nous voici en présence d’un long texte d’Évangile selon Saint Jean. (J’y ai même ajouté quelques versets qui permettent de mieux saisir le sens de l’ensemble). Je n’hésite pas à vous dire : « courage ; lancez-vous dans la lecture sans précipitation ; entrez dans cette histoire ; vibrez avec les personnages ; laissez ce texte vous habiter jusqu’à y entendre votre propre histoire. »

Évangile selon saint Jean (11, 1-45)

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »

En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » 

Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » 

À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra pas pour l’éternité. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » 

Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » 

Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut violemment ému, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » 

Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. 

– Acclamons la Parole de Dieu.

(Quelques versets qui prolongent ce texte sont proposés à la lecture à la fin de la prière)

7. Homélie

Les quelques mots mis en couleur au tout début du texte nous plongent immédiatement au cœur de notre quotidien. Des relations familiales et amicales perturbées par la maladie et la mort. Chacune, chacun affronte l’événement à sa façon, avec son tempérament.

Marthe, femme d’action, prend les choses en main, tandis que Marie, sa sœur, reste dans le silence et rumine ses pensées. Les paroles qui circulent sont autant l’occasion d’échanges que d’incompréhension et témoignent tout autant de la proximité des personnages que des différents niveaux d’interprétations des événements.

Personne ne reste indifférent devant la mort. Elle demeure dérangeante à bien des égards. Comment gérer cette séparation, ce silence, cette fin de relation ? Chacun y va de son silence … ou de son couplet : s’il dort, c’est qu’il va guérir ; non, il parlait de la mort ! « Lui qui a ouvert les yeux ne pouvait-il pas empêcher la mort ? » « Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! » « C’est trop tard, il sent déjà ! » Les paroles de Jésus ne sont pas d’une limpidité à tout toute épreuve, et ses choix pas forcément compréhensibles : ce jeu entre sommeil et mort – ces deux jours « de retard » avant de se rendre au chevet; Jésus qui semble, en début du texte, prendre l’événement avec pas mal de distance et qui sera « pris d’une violente émotion devant le tombeau…

Il ne faut pas minimiser le trouble que ce texte peut susciter chez le lecteur. C’est la complexité de la vie et des personnages que nous sommes. C’est aussi notre « lourdeur » devant la Parole de Dieu : « Aussi haut le ciel au-dessus de la terre, aussi hautes mes pensées au-dessus de vos pensées » dit le Seigneur. Même quand Jésus emploie le mot « résurrection », Marthe reste collée à ce qu’elle sait : « Je sais qu’il ressuscitera … plus tard ! »

Comme pour les disciples, comme pour tous les personnages de ce texte, hormis Jésus, nos malentendus sont nombreux dans nos parcours de vie, et même sur des questions spirituelles. Est-il nécessaire de dire que l’humilité devrait nous amener, par la prière, à demander au Seigneur de clarifier nos difficultés de compréhension ?

À 4 reprises, le verbe croire vient révéler le cœur de cette histoire. « Lazare, ici, dehors ! » la parole de Jésus a la même force créatrice que celle du livre de la Genèse : « Que la lumière soit ! – et la lumière fut ! » Et si j’ai ajouté quelques versets au texte, c’est qu’au verset 53, la décision est prise de « le tuer ». C’est devant le tombeau de Jésus, au matin de Pâques, que la question nous sera posée : « Crois-tu cela ? » C’est quand l’odeur de la mort nous prend aux narines qu’il faut nous décider à nous mettre en route vers le miracle de la vie. Elle est bien là, la merveilleuse aventure de la foi. Notre foi face à la mort doit aller au-delà de nos questions et de nos doutes pour faire totalement confiance à la Parole de Vie. Le Christ écrit, ici, la Vie en majuscule, et si nous avons complètement foi en Lui, la mort ne constituera plus un obstacle. Elle ne sera plus une rupture de lien pour l’éternité. Christ nous donne l’assurance que nous ne resterons pas dans la mort pour l’éternité. La mort met en échec cette vie qui vient de Dieu. D’où la violente émotion qui traverse le Christ à l’odeur de Lazare. Il fallait, et c’est le sens de son existence, relever le défi de la restaurer. « Jésus pleura » : contemplons ce Christ qui pleure devant le gâchis que représente la mort et, entendons, dans la violence de son émotion, sa volonté de se battre « afin de n’en perdre aucun de ceux que le Père lui a donné ». 

8. Je crois en Dieu

9. Prière avec Marie

Déposons entre les mains de Marie ce qui nous habite en ce moment devant cette mort qui rôde et qui frappe : nos peurs, notre angoisse, notre colère, nos doutes … que Marie les baigne dans la miséricorde du Père.

« Je vous salue, Marie »

Déposons entre les mains de Marie la faiblesse de notre foi, la fragilité de notre confiance, la force de notre désir d’aller vers son Fils … que Marie les baigne dans la lumière du Ressuscité.

« Je vous salue, Marie »

Déposons entre les mains de Marie les fleurs du printemps de la vie qui fleurissent au cœur de celles et ceux qui servent l’espérance qui aide à tenir debout … que Marie les baigne dans le souffle dynamique de l’Esprit.

« Je vous salue, Marie »

10. Communion

Entrons, maintenant dans une communion spirituelle avec les eucharisties célébrées en l’absence des communautés : 

« Seigneur Jésus, je crois fermement que Tu es présent dans le Saint Sacrement de l’Eucharistie. Je T’aime plus que tout et je Te désire de toute mon âme. « Après toi languit ma chair comme une terre assoiffée » (psaume 62)

Je voudrais Te recevoir aujourd’hui avec tout l’amour de la Vierge Marie, avec la joie et la ferveur des saints.

Puisque je suis empêché de Te recevoir sacramentellement, viens au moins spirituellement visiter mon âme.

En ce temps de carême, que ce jeûne eucharistique auquel je suis contraint me fasse communier à Tes souffrances et surtout, au sentiment d’abandon que Tu as éprouvé sur la Croix lorsque Tu t’es écrié : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ».

Que ce jeûne sacramentel me fasse communier aux sentiments de Ta Très Sainte Mère et de Saint Joseph quand ils T’ont perdu au temple de Jérusalem, aux sentiments de Ta Sainte mère quand elle Te reçut, sans vie, au pied de la Croix.

Que ce jeûne eucharistique me fasse communier aux souffrances de Ton Corps mystique, l’Église, partout dans le monde où les persécutions, ou l’absence de prêtres, font obstacle à toute vie sacramentelle.

Que ce jeûne sacramentel me fasse comprendre que l’Eucharistie est un don surabondant de Ton amour et pas un dû en vue de mon confort spirituel.

Que ce jeûne eucharistique soit une réparation pour toutes les fois où je T’ai reçu dans un cœur mal préparé, avec tiédeur, avec indifférence, sans amour et sans action de grâce.

Que ce jeûne sacramentel creuse toujours davantage ma faim de Te recevoir réellement et substantiellement avec Ton corps, Ton sang, Ton âme et Ta divinité lorsque les circonstances me le permettront.

Et d’ici là, Seigneur Jésus, viens nous visiter spirituellement par Ta grâce pour nous fortifier dans nos épreuves. Maranatha, viens Seigneur Jésus. »

11. Silence

Prenons à présent un vrai moment de silence.

Adoration du Saint-Sacrement
Adoration du Saint-Sacrement dans la Basilique d’Avioth.

12. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

13. Concluons notre prière

Terminons notre prière avec le CCFD (cliquez sur le mot) – n’oublions pas le partage – et la prière pour la terre du Pape François :

« Dieu Tout-Puissant
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.

Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et sœurs
sans causer de dommages à personne.

Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux.

Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde
et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction.

Touche les cœurs
de ceux qui cherchent seulement des profits aux dépens de la terre et des pauvres.

Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie.

Merci parce que tu es avec nous tous les jours.

Soutiens-nous, nous t’en prions, dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix. »

Pape François

14. Chant final

Entrons dans l’Espérance !

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Suite du texte d’Évangile

(46 Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait.

47 Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes.

48 Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. »

49 Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien ;

50 vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. »

51 Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ;

52 et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.

53 À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer.)

Beau dimanche et à demain !

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