Jour 59 – 11° jour d’un chemin avec Marie

Notre Dame des psaumes et de la prière

Nous avons pris l’habitude, le samedi, de nous tourner plus spécialement vers Marie, ainsi que le suggère l’Église depuis le VIIIè siècle, déjà.

En ce mois de mai, nous lui tenons la main chaque jour, sur un chemin pas toujours droit, mais que nous espérons porteur. Aujourd’hui, demandons-lui de nous souffler les mots de notre prière.

1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

(Je prends un moment de silence en prononçant intérieurement ce verset de psaume, une fois, deux fois,…)

Je tiens mon âme égale et silencieuse; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère (Ps 130, 2).

3. Les psaumes, prière d’un peuple

Comme une enfant de son époque, Marie elle aussi a dû un jour apprendre à prier, à plonger son esprit dans l’épaisseur des siècles pour apprendre à parler à Dieu et à chercher ses propres mots.

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Basilique Notre-Dame d'Avioth, sainte Anne t la Vierge enfant.
Sainte Anne apprenant à prier à Marie, Basilique d’Avioth.

La seule prière un peu développée que nous ayons d’elle est le Magnificat (Lc 1,46-56).

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais. »

Quand on étudie de plus près la Bible, on s’aperçoit que ce chant de Marie est tissé de passages de réemploi, particulièrement des psaumes, que nous chantons d’ailleurs pour la plupart lors des fêtes mariales.

Marie était tellement imprégnée par les psaumes qu’ils jaillissaient spontanément sur ses lèvres lorsqu’elle s’adressait à Dieu. Non seulement elle employait les mots des psaumes, mais, comme un enfant qui utilise les mots de ses parents pour dire ses propres pensées, elle a été capable de s’en servir pour exprimer une louange toute nouvelle qui n’avait jamais été inventée jusque-là. Les paroles et les expressions des psaumes étaient devenues le fond même de son expérience spirituelle. Tout en les respectant, elle leur a donné une signification nouvelle (Voir le très bel article rédigé par frère Benoît, moine de l’Abbaye de Maylis, en Dordogne).

Entrer dans le mouvement des psaumes, c’est entendre le cœur de Dieu qui bat au rythme de tout un peuple. Le langage peut nous dérouter au début, mais bien vite, nous nous laissons saisir par tel verset ou telle expression. Nous y retrouvons la prière comme autant de manifestations du désir humain. Les psaumes disent les angoisses et les joies, les remords et les espoirs, les sentiments et les émotions que nous éprouvons si souvent.

Qu’ils soient lamentation, supplication, louange ou adoration, les psaumes nous mettent en présence du mystère de Dieu et nous façonnent un cœur qui écoute, à l’exemple de Marie qui retenait les événements et les méditait dans son cœur (Luc 2, 19). Ils peuvent nous conduire au silence intérieur et amoureux qui nourrit notre âme. Et, finalement, c’est la voix de Jésus lui-même s’adressant à son Père que nous pouvons entendre en nous.

Dans les psaumes nous découvrons la prière du Christ total : parfois c’est la Tête qui prie : « j’ai gardé les chemins du Seigneur, jamais je n’ai trahi mon Dieu. » (Ps 17,21-22), parfois, ce sont les membres : « Je t’ai fait connaître ma faute, je n’ai pas caché mes torts » (Ps 31,5). Constamment, nous oscillons entre la prière de la Tête et la prière des membres

En réalité, le langage que nous apprennent les psaumes, c’est la langue trinitaire. Si nous les disons unis au Christ, portés par l’Esprit, orienté vers le Père, nous entrons déjà ici-bas dans le dialogue éternel des trois Personnes divines. Voilà pourquoi l’Église a pensé qu’il était bon de continuer à les prier, même après Jésus.

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« De très loin, Tu pénètres mes pensées, tous mes chemins Te sont familiers. »

4. Le chapelet, prière pour notre temps

La nouveauté de l’Évangile conduisit l’Église, au fil du temps, à délaisser cet effort de mémorisation des psaumes au profit de prières plus directement inspirées par les écrits du Nouveau Testament : le Notre Père et le Je vous salue Marie, qui semblait si bien refléter le lien maternel grandissant entre la jeune communauté chrétienne et la Mère du Sauveur. Sous l’impulsion de pasteurs comme saint Dominique (12è s.) ou saint Simon Stock (13è s.), ces prières devinrent le langage commun des fidèles, qui les multipliaient, comme autant de fleurs pour former autant de bouquets et tresser autant de couronnes à leur tendre mère du Ciel. Couronne, petit chapeau, chapelet : 150 grains comme il y avait 150 psaumes, le Psautier de la Vierge ; la prière mariale était née, par laquelle les enfants de la terre reconnaissaient leur pauvreté et qu’ils avaient besoin d’une mère pour les aider à mieux marcher.

Cette dévotion accompagna la naissance des lieux de Pèlerinage depuis le Moyen Âge jusqu’à il y a encore deux siècles : Avioth, Chartres, Paris, Luxembourg… tous ces lieux que nous connaissons…

Et puis Marie voulut venir elle-même réconforter les hommes et rallumer la flamme qui vacille. Lourdes, la Rue du Bac, Pontmain, Le Laus, La Salette, Beauraing, Banneux, pour ne citer que les lieux les plus chers à nos cœurs francophones.

À L’île-Bouchard, Marie se présenta comme Notre Dame de la Prière, ainsi que le relate ce film rendant hommage à l’une des voyantes, récemment disparue :

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Notre Dame de la prière

Je suis votre maman du ciel,
Approchez, embrassez ma main
Et chantez le Magnificat.
Donnez votre main, je veux l’embrasser,
Et chantez le Magnificat.
Donnez votre main, je veux l’embrasser.

R. Ô notre Dame de la prière,
Ô Marie, apprends à prier !
Ô belle Dame, ton beau sourire
Nous invite aujourd’hui à t’aimer.

Demandez aux petits enfants
De prier beaucoup pour la France.
Aux familles, je donnerai
Beaucoup de bonheur,
Priez avec moi,
Aux familles, je donnerai
Beaucoup de bonheur,
Priez avec moi.

Récitez votre chapelet,
Entonnez le « Je vous salue » ´
Et priez pour tous les pécheurs,
Embrassez la croix de mon chapelet,
Et priez pour tous les pécheurs,
Embrassez la croix de mon chapelet.

Ô Marie, bénis tes enfants,
Tous les prêtres et les consacrés.
Qu’avec eux tous les baptisés
Avancent avec toi vers la Sainteté,
Qu’avec eux tous les baptisés
Avancent avec toi vers la Sainteté !

C’est Jésus lui-même qui nous a donné Marie pour maman, quand, sur la Croix, il la donna pour mère à l’apôtre Jean, faisant de lui le premier fils de l’humanité rachetée.

Magnificat ! C’est le cri de Marie à l’accueil du Sauveur en son sein. C’est la voix de reconnaissance du peuple préparé par Dieu, depuis la nuit des temps.

Ton beau sourire… Comme en parlaient déjà les psaumes, te préparant toi aussi, Marie, femme choisie entre toutes les femmes : « Les plus riches du peuple … quêteront ton sourire » (Psaume 44, 13).

« Tout se fait naturellement. La Vierge est une mère très pédagogue. Le chapelet, c’est un peu comme la prière du pèlerin russe, que l’on répète à l’infini : “Seigneur Jésus fils du Dieu vivant, prends pitié de moi pécheur”, explique le Père Bernard Peyrous. À force de réciter des Je vous salue Marie, ce ne sont plus tant les paroles qui importent : l‘être profond finit par se tenir en présence de Dieu. On contemple Jésus avec Marie. Prier le chapelet, c’est se mettre à l’école de la Sainte Vierge ».

Se tenant en présence de Dieu, comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère, l’âme goûte au bonheur du Ciel; et celui-ci tend à se déverser sur la vie quotidienne, de la famille, de mon cœur de pécheur qui s’ouvre et, peu à peu, se convertit. Je chemine vers la Sainteté reçue en germe à mon baptême et qui, maintenant, peut se déployer… Ave Maria, gratia plena !

5. Présentons nos intentions à Marie

Ô Marie, avec un cœur d’enfant, nous te prions pour nos familles :

– Pour mon frère et sa famille (situation professionnelle et financière très périlleuse) afin que la Providence les protège, et toutes les personnes souffrant de difficultés de cette nature surtout en cette crise.

– Merci Marie d’aider ma famille à trouver un chemin de dialogue vrai et de réconciliation.

Ô Marie, avec un cœur d’enfant, nous te prions pour nos prêtres et nos consacrés :

– Je te confie ce jeune prêtre qui peine dans son ministère.

– Je te confie les jeunes appelés bien malgré eux à se recentrer, en ces temps de confinement. Ouvre leur cœur à la recherche de Dieu et de leur vocation.

Ô Marie, avec un cœur d’enfant, nous te prions pour que nous avancions vers la sainteté :

– Pour que j’aie la force et les grâces pour terminer ce travail intellectuel qui m’est demandé dans les délais, ce qui paraît humainement impossible à ce stade.

– Puissions-nous rester toujours désireux d’approfondir ce que nous revivrons bientôt : l’Eucharistie.

6. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

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À demain !

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