Jour 61 – 12° jour d’un chemin avec Marie

Premier Mystère joyeux : l’Annonciation

Fruit du Mystère : l’humilité

Beaucoup de celles et ceux qui ont des décisions à prendre, beaucoup de « spécialistes » dont les médias sollicitent un avis, beaucoup disent : « Aujourd’hui, il faut beaucoup d’humilité ! » Cela peut signifier plusieurs choses : on a peu de certitudes, les choses changent tellement vite; même la science doit reconnaître sa limite; on doit reconnaître qu’on ne maîtrise pas tout; on se rend compte que beaucoup de choses nous échappent; on croyait cela au début de la pandémie, aujourd’hui on est moins sûr. Voilà que l’Homme descend du piédestal sur lequel il se croyait installé. Cela peut être angoissant. Allons voir du côté de l’humilité.

1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

(Se taire est peut-être un bon début. Se disposer à écouter est peut-être le début de l’humilité.)

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3. Prions

Notre Dame de la Transparence, en Toi et à travers Toi, Dieu nous parle : donne-nous un cœur simple, remplis-nous d’allégresse. Ô Vierge du Fiat et du Magnificat, rends nos cœurs transparents comme le tien. Notre Dame de l’humilité cachée dans la foule, enveloppée dans le mystère, aide-nous à porter la bonne nouvelle au monde et à nous immerger dans le mystère du Christ pour en communiquer quelque chose à nos frères. (Jean-Paul II)

4. L’Évangile de l’humilité

  • Du latin humus, terre

L’humilité est le « terrain » sur lequel les autres vertus prospèrent. L’humilité est une attitude de vérité à l’égard de Dieu, des autres et de soi-même, elle s’oppose à l’orgueil, à la suffisance, à l’arrogance. En nous appuyant sur la grâce de Dieu (1 Pierre 5,5) l’humilité nous conduit à l’amour et permet de conjuguer tout ensemble l’amour de Dieu, l’amour du prochain et l’amour de soi-même.

L’Évangile nous la présente comme la vertu fondamentale (Mt 11, 25-26 et 18, 2-3).

(Mt 11) En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. »

(Mt 18) Alors Jésus appela un petit enfant; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. »

Une citation de Benoît XVI sur l’attention à l’autre (qui est bien un souci important de notre quotidien en déconfinement) : « L’attention à l’autre comporte que l’on désire pour lui ou pour elle le bien, sous tous ses aspects : physique, moral et spirituel. La culture contemporaine semble avoir perdu le sens du bien et du mal, tandis qu’il est nécessaire de répéter avec force que le bien existe et triomphe, parce que Dieu est « le bon, le bienfaisant » (Ps 119, 68). Le bien est ce qui suscite, protège et promeut la vie, la fraternité et la communion. L’Écriture Sainte met en garde contre le danger d’avoir le cœur endurci par une sorte d’ « anesthésie spirituelle » qui rend aveugles aux souffrances des autres. (…) À l’inverse, c’est l’humilité de cœur et l’expérience personnelle de la souffrance qui peuvent se révéler source d’un éveil intérieur à la compassion et à l’empathie. »

Pas facile, l’humilité ! Elle peut être méprisée comme « la vertu des faibles »; on peut mélanger « être humble » et « s’humilier »; On peut « se faire petit » par calcul d’orgueil; Je peux prétendre à l’humilité pour me défiler etc…

  • Contemplons l’humilité de Marie dans ce récit de l’annonciation (St Luc 1, 26-40)

Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.

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Commentaire

Rencontre extraordinaire et d’une extraordinaire simplicité. Rencontre extraordinaire parce que rencontre de deux mondes dont on voit mal comment ils pourraient se rejoindre : le monde de Dieu et le monde des humains. « L’ange entra chez elle » ! En 4 mots, St Luc dit l’impossible.

L’icône nous donne une Marie en toute humilité : droite, la tête légèrement inclinée dans la salutation, joliment drapée mais sans apparat particulier. Je la perçois toute écoutante, ouverte à qui vient à sa rencontre, sans se préoccuper d’elle-même. Elle est saluée de la part de Dieu, reconnue « comblée de grâce » et cela n’enfle pas le moins du monde son ego. Tournée vers le message qui va venir, elle se demande seulement « ce que peut signifier cette salutation ». Elle est bouleversée; cela n’éveille chez elle aucune fierté; elle ne se prend pas tout à coup pour Quelqu’un.

Elle écoute le message, et sa seule question est : « Comment cela va-t-il se faire ? » Elle ne se défend pas de ne pas être digne. Elle ne joue pas une fausse humilité. Elle entre dans le projet en toute confiance et en toute disponibilité. Elle ne se regarde pas. Et quand l’ange la quitte, elle ne textotte pas à sa copine pour lui dire : « Tu sais pas ce qui m’arrive ! figure-toi … » Non, elle pense à sa vieille cousine qui attend son Jean Baptiste et, avec empressement, elle va lui rendre service. Pour rayonner d’une telle attitude aussi justement humble, il faut un cœur vraiment habité par Dieu. Pour qu’il n’y ait pas une once de fierté, pas le moindre « effet miroir », pas une pensée qui flatte l’ego… et pourtant entrer dans une mission inédite et singulière avec une parole d’une simplicité désarmante : « Qu’il me soit fait selon ta parole ! », il faut être pétrie d’humilité. Je vois là un signe de son immaculée conception parce que le péché est de l’ordre du retour sur soi, de l’ego, de l’effet miroir.

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L’humilité est le juste milieu entre deux vices : l’exaltation de soi (orgueil), et le mépris de soi. Le vice ouvertement contraire à l’humilité est l’orgueil (l’exaltation de soi). Mais on pourrait dire aussi que le contraire de l’humilité est l’inquiétude. Le mépris de soi n’est pas de l’humilité. L’humilité, c’est la vérité sur soi : nous ne sommes pas nuls. Dieu a déposé en nous des qualités, et il nous regarde avec amour. Nier notre propre valeur, c’est en même temps nier l’amour de Dieu. L’idée peut paraître étrange au premier abord, mais elle est profondément sage : pour être humble, il faut commencer par regarder le bien qui est en soi, autrement dit, les dons que Dieu a déposés en moi. Car si Dieu a déposé des qualités en nous, des talents, c’est pour les faire fructifier au service d’autrui. Humainement, il n’y a pas de solution. L’humilité est vraiment une vertu qui est hors de notre portée. Elle ne peut être qu’un don de Dieu. Elle est un don extrêmement précieux de Dieu qu’il ne peut pas semer dans une terre inculte. Il faut auparavant qu’il la travaille longuement sinon la semence mourrait.
Il nous faut donc demander à Dieu son aide, lui demander de nous donner l’humilité. De nous donner cette belle force intérieure qui rend les rapports avec les autres vraiment harmonieux. C’est agréable de vivre avec quelqu’un d’humble. Autant l’orgueilleux est en compétition constante, toujours dans le stress de la réussite, autant l’humble est paisible et content de tout ce qui lui arrive. Un secret important pour grandir dans l’humilité : accueillir l’amour premier de Dieu sur moi.

Seigneur, je n’ai pas le cœur fier
ni le regard ambitieux ;
je ne poursuis ni grands desseins
ni merveilles qui me dépassent.
Non, mais je tiens mon âme
égale et silencieuse ;
mon âme est en moi comme un enfant,
comme un petit enfant contre sa mère.
Attends le Seigneur, Israël,
maintenant et à jamais. (Psaume 130.)

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5. Prions

Prière pour demander l’humilité

Ô Jésus, doux et humble de cœur – Exauce-moi !
Du désir d’être estimé Délivre-moi, Jésus.
Du désir d’être vanté Délivre-moi, Jésus.
Du désir d’être honoré Délivre-moi, Jésus.
Du désir d’être loué Délivre-moi, Jésus.
Du désir d’être préféré aux autres Délivre-moi, Jésus.
Du désir d’être consulté Délivre-moi, Jésus.
Du désir d’être approuvé Délivre-moi, Jésus.
De la crainte d’être humilié Délivre-moi, Jésus.
De la crainte d’être méprisé Délivre-moi, Jésus.
De la crainte de souffrir des refus Délivre-moi, Jésus.
De la crainte d’être calomnié Délivre-moi, Jésus.
De la crainte d’être oublié Délivre-moi, Jésus.
De la crainte de paraître ridicule Délivre-moi, Jésus.
De la crainte d’être injurié Délivre-moi, Jésus.
De la crainte d’être suspecté Délivre-moi, Jésus !
(Cardinal Merry del Val, secrétaire d’État de S. Pie X)

6. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

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À demain !

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