Jour 65 – 15° jour d’un chemin avec Marie

Premier mystère glorieux : la Résurrection

Fruit du mystère : la Foi

Nous le savons bien, là où la liturgie met des 40 jours, des 50 jours, c’est le mystère pascal unique qui se déploie. Il se déploie du côté du Christ dans l’ascension et la Pentecôte. Il se déploie dans l’histoire, depuis la Pentecôte, à travers son sacrement qu’est l’Église. Je vous propose donc de vivre le temps de prière de ce matin sous la lumière de la résurrection dont nous sommes les bénéficiaires en même temps que les témoins.

1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

(Forts des promesses du Christ : « Je ne vous laisserai pas orphelins », « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps », nous prenons quelques instants de silence pour nous mettre en SA présence.)

3. Prions

Ô Mère, aide notre foi !
Ouvre notre écoute à la Parole, pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel.
Éveille en nous le désir de suivre ses pas, en sortant de notre terre et en accueillant sa promesse.
Aide-nous à nous laisser toucher par son amour, pour que nous puissions le toucher par la foi.
Mère de l’Église et mère de notre foi,
aide-nous à nous confier pleinement à lui, à croire en son amour, surtout dans les moments de tribulations et de croix, quand notre foi est appelée à mûrir.
Sème dans notre foi la joie du Ressuscité.
Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul.
Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus, pour qu’il soit lumière sur notre chemin.
Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton Fils, notre Seigneur !

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4. Évangile

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Jean, au chapitre 16

Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; encore un peu de temps, et vous me reverrez. » Alors, certains de ses disciples se dirent entre eux : « Que veut-il nous dire par là : “Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; encore un peu de temps, et vous me reverrez”. Et puis : “Je m’en vais auprès du Père” ? » Ils disaient donc : « Que veut dire : un peu de temps ? Nous ne savons pas de quoi il parle. » Jésus comprit qu’ils voulaient l’interroger, et il leur dit : « Vous discutez entre vous parce que j’ai dit : “Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; encore un peu de temps, et vous me reverrez.” Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.

Louange à Toi, Seigneur Jésus.

Commentaire

« Mille ans sont à Tes yeux comme une seule journée ! » Il semblerait que le temps de Dieu soit le temps long. Le « tout, tout de suite » n’est pas divin. Son « projet », son « dessein » couvre toute l’histoire et s’adapte aux méandres des libertés humaines. C’est la puissance de l’amour. Je suis toujours surpris par la prière d’ouverture du 26° dimanche du temps ordinaire : « Dieu, qui donnes la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié; sans te lasser, accorde-nous ta grâce : en nous hâtant vers les biens que tu promets, nous parviendrons au bonheur du ciel ». C’est un véritable « recadrage » de notre notion de puissance. Encore un peu de temps, puis encore un peu de temps – le mystère pascal se déploie dans le temps de l’histoire. Vous ne me verrez plus : parce que je serai au tombeau, ce temps où le Fils partage notre mort qu’il affronte comme une ennemie. Ce temps-là est celui des pleurs de Marie Madeleine, du découragement des disciples d’Emmaüs. Le monde se réjouira pensant avoir remporté la partie et s’être débarrassé de Celui dont les actes de lumière dénonçaient les actes des ténèbres.  Puis, encore un peu de temps, et vous me verrez : parce qu’au matin de Pâques, vous me verrez vivant. « Il est apparu à Simon … et à plus de 500 frères à la fois … nous l’avons reconnu à la fraction du pain. » Vous serez dans la joie – les apôtres étaient pleins de joie en voyant le Seigneur. Puis, il s’élèvera, et ses disciples resteront là à regarder le ciel qui leur dira : « Pourquoi restez-vous là. Je vous envoie jusqu’au bout du monde et je vous envoie mon Esprit. » Comme une naissance ! Le mystère pascal se vit, pour nous, « dans les douleurs d’un enfantement qui dure encore », puis les fils seront libres, ils LE verront en face à face et Dieu sera TOUT en TOUS. Le mystère pascal conduit l’histoire de chacun et de tous. L’amour ne porte pas tant la question du « vivre pour l’autre », mais plutôt de vivre PAR l’autre. Ressusciter AVEC Lui, PAR Lui et EN Lui. La foi ne nous invite pas seulement à croire que le Christ est ressuscité, mais à choisir de ressusciter en Lui dès maintenant dans chacun des actes que nous posons. « Votre cœur se réjouira ». La joie se vit sur de multiples registres : elle peut être exubérante, paisible, extérieure ou intérieure, mais elle peut habiter nos souffrances et nos peines, comme la douceur d’un regard ou la tendresse d’une caresse qui sait communier à ce que nous vivons. On le comprend en creux quand on pense aux personnes décédées du Covid-19 sans avoir eu droit à « cette joie-là » de la présence de leurs proches. Mais, nous le savons : rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ. Personne ne nous enlèvera la joie de cette Alliance.

5. Psaume

Psaume 46

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Dieu est le roi de toute la terre.

Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre. R/

Celui qui nous soumet des nations, qui tient des peuples sous nos pieds;
il choisit pour nous l’héritage, fierté de Jacob, son bien-aimé. R/

Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez ! R/

6. Habités par la joie pascale

Depuis la cathédrale Saint-André, Mgr Jean-Paul James, archevêque de Bordeaux et évêque de Bazas, a adressé son message de Pâques 2020 aux fidèles de l’Église catholique de Gironde, en cette période d’épidémie de Covid-19 et de confinement :

« Cette année plus que les autres, la joie est incomplète : le Covid-19 agit toujours. (…) Faudrait-il se dispenser de la fête de Pâques ? Surtout pas ! Ne nous laissons pas voler la joie pascale ! Dans notre vulnérabilité le Christ ressuscité nous rejoint; et il met le projecteur sur l’essentiel de nos vies. La crise sanitaire met en évidence notre fragilité : un virus nous met à terre. Nous sommes vulnérables.

Le premier jour de Pâques, c’est à des personnes fragiles que le Seigneur ressuscité se manifeste. Marie-Madeleine la première à se rendre au tombeau, puis Pierre, puis Jean passent par une crise terrible ! (…) Merveille notre Dieu qui vient nous rejoindre dans nos fragilités, nos vulnérabilités et qui nous étonne. (…) Le Christ ressuscité, vivant, saisit le poignet d’Adam et le relève. Adam, Ève, c’est chacun de nous dans ce temps de crise ! Il nous tire vers un monde nouveau, il met debout l’homme, la femme, qui se lancent dans une vie nouvelle, une autre manière de vivre ! 

Cultivons cette joie pascale entre nous, en renforçant, en restaurant, en développant les liens entre nous, entre voisins, entre proches. Et à vous, frères et sœurs croyants, je propose pour ce temps pascal, trois points d’attention, un geste, des paroles, une prière. Un geste simple : le sourire, même si c’est un sourire triste; des paroles de bienveillance habitées par la vie du ressuscité; une prière : le merci au Seigneur, l’action de grâce pour sa présence, les signes du ressuscité. »

Encore un peu de temps … et encore un peu de temps : le Christ ressuscité donne un sens à la succession des temps qui paraissaient être un éternel recommencement. Désormais, l’histoire est orientée vers Celui qui en est la signification sans pour autant que le ressuscité bouleverse le cours ordinaire du temps. Il laisse les temps aller jusqu’à leur terme. « L’histoire est orientée vers celui qui en est la signification », oui, mais pas comme une route est orientée vers son terme, mais comme ma journée peut être orienté vers une rencontre. Si la rencontre se produit au terme de la journée, elle l’habite aussi et la transfigure; elle peut même en changer le cours.

7. Te Deum

À toi, Dieu, notre louange !
Nous t’acclamons : tu es Seigneur ! 
À toi, Père éternel, l’hymne de l’univers.

Devant toi, se prosternent les archanges, les anges et les esprits des cieux;
ils te rendent grâce; ils adorent et ils chantent : Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu de l’univers; le ciel et la terre sont remplis de ta gloire !

C’est toi que les Apôtres glorifient, toi que proclament les prophètes, toi dont témoignent les martyrs; c’est toi que par le monde entier l’Église annonce et reconnaît, Dieu nous t’adorons : Père infiniment saint, Fils éternel et bien-aimé, Esprit de puissance et de paix.

Christ, le Fils du Dieu vivant, le Seigneur de la gloire, tu n’as pas craint de prendre chair dans le corps d’une vierge pour libérer l’humanité captive.

Par ta victoire sur la mort, tu as ouvert à tout croyant les portes du Royaume; tu règnes à la droite du Père; tu viendras pour le jugement.

Montre-toi le défenseur et l’ami des hommes sauvés par ton sang : prends-les avec tous les saints dans ta joie et dans ta lumière.

8. Marie, montre-nous le Christ

Sainte Marie, Mère de Dieu, tu as donné au monde la vraie lumière, Jésus, ton fils, Fils de Dieu.

Tu t’es abandonnée complètement à l’appel de Dieu et tu es devenue ainsi la source de la bonté qui jaillit de lui.

Montre-nous Jésus. Guide-nous vers lui. Enseigne-nous à le connaître et à l’aimer, afin que nous puissions, nous aussi, devenir capables d’un amour vrai et être sources d’eau vive au milieu d’un monde assoiffé.

9. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

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À demain !

2 commentaires

  1. Si j’ai bien compris votre commentaire, je ne dois pas vivre d’amour pour le Seigneur dans le sens où l”Amour ne peut pas avoir sa source en moi.
    Mais je dois aimer par Lui , avec Lui et en Lui.
    Pouvez-vous m’éclairer

    1. Bonjour Marie Christine
      L’amour est relation entre des personnes, entre 2 personnes. L’amour me porte hors de moi vers l’autre … et c’est ainsi que je deviens moi-même. Dans l’amour, on ne peut démêler ce qui vient de soi et de l’autre. Quand je fais un “choix difficile” par amour, je le fais bien sûr tout à fait personnellement, mais appuyé aussi par l’amour de l’autre.
      “Je ne dois pas vivre d’amour pour le Seigneur” bien sûr que si, mais dans la lumière de l’amour dont je suis aimé. “Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis”. C’est avec, dans et par cet amour que je peux vivre d’amour pour. Et cet amour est vraiment “de moi”. Je ne suis pas QUE traversé par l’amour de Dieu, je l’incarne dans ma chair et dans mon histoire. Cela ne vaut que comparaison, mais l’eau de pluie qui traverse un terrain pour rejoindre la nappe phréatique se charge des spécificités de chaque terrain et devient “eau minérale”.
      J’espère vous avoir éclairée.
      Union de prière
      Abbé Vannesson

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