Jour 27 : mardi de Pâques

« J’ai vu le Seigneur ! » Il faut du temps à nos yeux pour voir, ainsi que le précise l’Apocalypse : « Alors, je te le conseille : achète chez moi, pour t’enrichir, de l’or purifié au feu, des vêtements blancs pour te couvrir et ne pas laisser paraître la honte de ta nudité, un collyre pour l’appliquer sur tes yeux afin que tu voies. » (Ap.3, 18)


1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

2. Silence

(J’entre dans le silence pour rencontrer la Présence.)

3. Hymne

Lumière du monde, ô Jésus,
Bien que nous n’ayons jamais vu Ta tombe ouverte,
D’où vient en nous cette clarté, ce jour de fête entre les fêtes,
Sinon de toi, ressuscité ?

Quand sur nos chemins on nous dit :
Où est votre Christ aujourd’hui et son miracle ?
Nous répondons :

D’où vient l’Esprit qui nous ramène vers sa Pâque,
Sur son chemin, sinon de lui ?

Nous avons le cœur tout brûlant
Lorsque son amour y descend et nous murmure :
L’amour venu, le jour viendra au cœur de toute créature,
Et le Seigneur apparaîtra.

Et si l’on nous dit : maintenant,
Montrez-nous un signe éclatant hors de vous-mêmes !
Le signe est là qu’à son retour nous devons faire ce qu’il aime
Pour témoigner qu’il est amour.

4. Prions avec l’Église

Dieu, qui nous as fait passer de la mort à la vie en nous offrant les sacrements de Pâques, poursuis toujours l’œuvre de ta grâce : que ton peuple trouve une liberté parfaite pour engager sa vie dans la victoire pascale. Qu’il parvienne ainsi à la joie du ciel dont tu lui donnes déjà le goût sur la terre. Par Jésus Christ, Ton Fils, notre SeigneurAmen.

5. Évangile

Évangile selon saint Jean (20, 10-18)

En ce temps-là, Marie-Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Parole du Seigneur. — Louange à Toi, Seigneur Jésus !

6. Commentaire

« J’ai vu le Seigneur ! », ET elle raconta … non pas ce qu’elle a vu, mais « ce qu’Il lui avait dit. » Si c’est bien le Seigneur que nous voyons, il nous décentre ! Ce n’est pas ce que j’ai vu qui est l’essentiel, c’est ce qu’Il a dit. Il ne faudrait pas que nous nous servions de Dieu pour nous mettre en avant. Il ne s’agit pas d’attirer l’autre vers soi, mais de le conduire au Christ.

Puisqu’il s’agit de voir, regardons Marie-Madeleine. Ce texte la rend bien vivante. Au début, elle est dans le monde de la mort : elle pleure près du tombeau – le texte précise qu’elle est dehors : en dehors de l’événement ; elle est dans SON monde. Elle pleure : ce qui doit rendre sa vision bien floue. Sa vision est limitée : elle aperçoit une scène étrange, mais elle reste dans son scénario : « On a enlevé Mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis ». 

ELLE SE RETOURNE. Elle a senti une présence derrière elle, et elle aperçoit Jésus qui se tient là. Elle ne sait pas que c’est Lui ; elle le prend pour le jardinier. Jésus se tient là, dans une permanence de présence, c’est Marie-Madeleine qui est ailleurs. Elle ne sait pas. Elle continue son scénario : c’est le jardinier !

Mais elle a commencé un mouvement, elle s’est retournée vers Jésus, sans le reconnaître encore. Elle nous fait penser à ces personnes dont la vie est tournée vers les autres sans reconnaître la présence de Dieu. « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ? Tu avais donc faim et nous t’avons nourri ? » Nous connaissons ce texte.
Jésus lui dit alors : « Marie ! ». Quant à raccourcir son prénom, il aurait pu dire « Mado ». Jésus avait dit, dans son Évangile : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? Ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique. Marie-Madeleine, la pécheresse, est devenue Marie, la croyante. On lit, dans l’Apocalypse au chapitre 2 : « Au vainqueur, je donnerai de la manne cachée, je lui donnerai un caillou blanc, et, inscrit sur ce caillou, un nom nouveau que nul ne sait, sauf celui qui le reçoit. » Marie (Madeleine) est comptée au nombre des « vainqueurs ». Elle reconnait son vrai nom, celui qui la met en relation avec La Vérité.

À l’évocation de son prénom, elle SE RETOURNE ! Si nous suivons le mouvement, ce second retournement l’amène à tourner le dos à Jésus. Ce ne serait pas très cohérent avec ce qui se passe : elle reconnait « Rabbouni » et elle lui tournerait le dos ? Ce n’est pas possible. C’est que ce retournement est celui de la conversion spirituelle : elle passe de « MON Seigneur » (dont on a enlevé le cadavre) à « Rabbouni » « Maître » – sans possessif cette fois -, un « Rabbouni » bien vivant ; et, alors qu’elle voulait le PRENDRE, Jésus lui demande de ne pas le retenir ! mais de devenir messagère de sa Parole à Lui. Quel retournement ! Quelle conversion !

Il faut remarquer que Jésus avait repris la même question que les anges : « Pourquoi pleures-tu ? », mais il avait ajouté : « QUI cherches-tu ? ». Jésus la ramène à son intériorité, à la vraie question qui anime sa vie. Question fondamentale dans l’être humain, mais question souvent recouverte et enfouie sous nos pleurs, nos préoccupations quotidiennes, notre goût pour l’immédiateté, nos errances à la surface de nos envies et de nos émotions, nos refus de Dieu même parfois. Au fond de toi, QUI cherches-tu ? Toute autre question mène au tombeau. Mais, à force de retournements, la rencontre peut avoir lieu. Tout au fond de Marie-Madeleine, Marie sommeillait, que la question de Jésus vient éveiller (ressusciter), alors ELLE PEUT VOIR LE SEIGNEUR.

7. Chant


8. Intercession

Après avoir connu l’obscurité du tombeau, tu es entré dans la lumière à jamais nouvelle ; Seigneur Jésus, entends notre prière :

R/ Roi de gloire, exauce-nous !

Christ, vainqueur des ténèbres, accorde à tous les membres de ton Corps
de mener jusqu’au bout le combat de la foi.

Donne aux catéchistes et aux théologiens la passion de ta vérité.

Que les évêques, les prêtres et les diacres
conduisent ton peuple avec zèle et discernement.

Par la puissance de ta croix glorieuse,
que tes disciples ouvrent les prisons, brisent les chaînes, libèrent les opprimés.

Tu es descendu aux enfers pour en ramener les captifs,
entraîne-les vers la libre Jérusalem.

Tu t’es fait connaître de Marie qui te cherchait parmi les morts,
prononce le nom qui nous retournera vers toi.

Tu as laissé vide le tombeau, 
Garde-nous de te chercher où tu n’es pas.

Tu es monté vers ton Père et notre Père,
suscite parmi tes frères des témoins de ta présence.

9. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

10. Chant final


À demain !

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