Jour 30 : vendredi de Pâques

« Je m’en vais à la pêche ! »

Cette phrase de Simon-Pierre me fait penser à ces périodes de vote où les journalistes distinguent facilement deux catégories de personnes : celles qui vont voter et celles qui « vont à la pêche ».

1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

Je me pose dans le silence pour rencontrer Celui qui est la Présence. Nous allons, à nouveau, rencontrer l’expression « Jésus se tenait là ».

3. Actes des apôtres

Du livre des Actes des apôtres, 4, 10-12.

« Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant.
Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

4. Prions avec l’Église

Dieu éternel et tout-puissant, tu as offert aux hommes le sacrement de Pâques pour les rétablir dans ton alliance. Comme sur le bord du lac de Tibériade, tu continues à les nourrir et à relancer leur espérance. Accorde-nous d’exprimer par toute notre vie tes mystères que nous célébrons dans la foi. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. –Amen.

5. Psaume

( D’après le psaume 52)

Comment peut-on être fier de ses mauvais coups ?
Vouloir prouver sa force par des actes injustes ?
Mijoter sans cesse des méchancetés ?
S’occuper à tromper tout le monde ?
Utiliser sa langue comme un rasoir pour blesser ?
Comment en venir à aimer le mal plus que le bien ?
À préférer mentir plutôt que de dire la vérité ?
Peut-on se plaire à briser les autres en répandant sur eux des faussetés ?

Sois sûr que le Sauveur veut te guérir :
il fera tout pour te montrer sa lumière,
pour ébranler tes sécurités,
pour te sortir de l’univers du mal.

Les gens qui cherchent le Sauveur voient son œuvre
et s’appliquent à le servir fidèlement.

Devant ceux qui ne comptent pas sur lui
mais sur leurs richesses et leurs manœuvres,
il se désole en souhaitant leur conversion.

Par la vitalité de leur confiance au Sauveur,
ils seront comme des arbres pleins de sève
et témoigneront de la grâce qui les habite.

Ils loueront le Père pour ce qu’il fait en eux
et mettront en lui une totale espérance,
sûrs qu’il est bienfaisant pour tous ses fidèles.

6. Évangile

Évangile selon saint Jean (Jn 21, 1-14)

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

7. Commentaire

Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque.

Les voilà repartis avant l’Évangile. « C’étaient des pêcheurs » Mais Jésus leur avait dit : « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes » « désormais, ce sont des Hommes que tu prendras ! » Oublié l’appel, retombé l’enthousiasme, refroidie l’espérance. La vie redevient quotidienne. On retrouve ses habitudes, ses réflexes.

Mais « ils ne prirent rien cette nuit-là ». L’expression est connue : rien ne sert d’ajouter des années à la vie si on n’ajoute pas de la vie aux années ! Même dans le confinement, la vie peut se remplir d’occupations pour éviter l’ennui … et les journées rester vides.

Jésus se tient sur le rivage. Jésus se tient dans cette présence constante, cet « être-là » qui nous attend activement et nous espère. Lui qui a fait le plein d’Amour jusqu’à son dernier souffle doit souffrir de voir nos filets qui n’ont rien pris, tristement vides d’une vie qu’on a voulu seulement occuper. Quand « Simon-Pierre leur dit : « Je vais à la pêche » », cela sent le désœuvrement !

Jésus était là, mais ils « ne savaient pas que c’était Lui » … et ils vont quand même jeter les filets. Pour un professionnel de la pêche comme Pierre, il faut être bien désorienté pour suivre les conseils d’un inconnu. Ou alors, comme les disciples d’Emmaüs, le cœur est tout brûlant avant de le reconnaître. Au fond, même dans le désœuvrement, il y a une insatisfaction, une soif qui fait reconnaître la source. La foi ne SAIT pas toujours. L’acte va ouvrir la suite … jusqu’à la communion !

La suite est un peu invraisemblable : 1) Ils (au pluriel) n’arrivent pas à tirer le filet – quelques lignes plus bas, Pierre le tirera tout seul ! 2) Simon-Pierre passe un vêtement et se jette à l’eau – habituellement pour se jeter à l’eau, on enlève plutôt ses vêtements. 3) Jésus leur a demandé : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? », et quand ils arrivent, « ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus ».

C’est que saint Jean écrit à deux niveaux : il nous raconte ET il nous suggère. Les filets trop lourds disent la générosité du don Dieu ; Pierre le tire tout seul … parce qu’il est (ou va devenir) le chef de l’Église. Il est nu parce que pécheur, comme Adam et Eve après le péché originel : ils découvrirent qu’ils étaient nus … mais pour s’approcher de Jésus, il passe par le baptême souvent évoqué par le « vêtement du baptême », donc il passe un vêtement pour se jeter à l’eau. Et enfin, Dieu prend soin de l’humanité – il a mis des poissons sur la braise ; mais il nous invite à nous engager dans son action : « Apportez de ce poisson que vous venez de prendre ! » Et le filet qui ne s’est pas rompu, c’est que l’œuvre de Dieu ne peut être prise en défaut. Elle réalise ce que Dieu veut.

Sois sûr que le Sauveur veut te guérir :
il fera tout pour te montrer sa lumière,
pour ébranler tes sécurités,
pour te sortir de l’univers du mal.

Les gens qui cherchent le Sauveur voient son œuvre
et s’appliquent à le servir fidèlement.

Devant ceux qui ne comptent pas sur lui
mais sur leurs richesses et leurs manœuvres,
il se désole en souhaitant leur conversion.

Par la vitalité de leur confiance au Sauveur,
ils seront comme des arbres pleins de sève
et témoigneront de la grâce qui les habite.

Ils loueront le Père pour ce qu’il fait en eux
et mettront en lui une totale espérance,
sûrs qu’il est bienfaisant pour tous ses fidèles.

8. Prions ensemble

– Pour l’Église, dont le nom signifie « Assemblée » et qui ne peut plus se rassembler dans ces temps que nous vivons. Que la foi et la prière partagées la tienne dans la communion de son Seigneur. Que ton Nom nous rassemble !

– Pour celui qui se débat dans tellement de problèmes qu’il ne sait plus bien où il va et comment s’en sortir. Que le Seigneur qui se tient là l’aide à ouvrir un début de chemin. Que ton Nom apporte le salut !

– Pour celui dont les filets sont vides et va d’errance en errance. Que le Seigneur qui se tient là l’aide à être attentifs aux appels de la vie autour de lui. Que ton Nom apporte la lumière !

– Pour celui dont le cœur est généreux mais qui ne sait pas que le Seigneur se tient là. Que le Seigneur soutienne ses efforts et leur donne de porter fruits. Que ton Nom ouvre son esprit !

– Pour chacune et chacun de nous qui désire rencontrer son Seigneur, qu’il s’attache à la certitude de ce « lever du jour », de ce rivage où le Seigneur l’attend. Que ton Nom nous apporte fidélité !

– Pour celles et ceux qui ont revêtu le vêtement du baptême, qu’ils entrent dans cette vie nouvelle qui leur permettra de traverser les eaux de la mort. Que ton Nom les conduise !

9. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

10. Chant final

À demain !

1 commentaire

  1. Nos coeurs sont peut être aussi tout brûlant d’espérance comme les apotres sur le chemin d’Emmaüs.
    Nous croyons en la Resurrection du Christ mais nous ne le voyons pas toujours dans notre quotidien.
    Et puisqu’on ne peut pas le rencontrer dans l’eucharistie , j’essaye comme l’ont fait tant de saints de mettre Jésus au coeur de toutes mes actions et surtout en ce moment au coeur des événements.

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