JOUR 33 – jour 1 de « Laudato Si »

« Laudato Si » – en italien : « Loué sois-Tu ». Lettre encyclique du Pape François, publiée le 24 mai 2015. Son sujet ? La sauvegarde de la maison commune.

Une exposition présentant cette encyclique devait être proposée en la basilique d’Avioth à partir du 10 mai. La date ne pourra pas être tenue. Nous verrons pour la reprogrammation.

Les évènements que nous traversons aujourd’hui remettent cette encyclique au cœur de l’actualité d’une façon cruciale : la sauvegarde de la maison commune !

Pour les jours qui viennent, notre prière va s’orienter vers cet appel qui n’est certainement pas étranger à notre quotidien et que la fête de Pâques est venu renforcer : Notre Dieu a donné sa vie pour la vie de notre humanité.

Nous nous laisserons guider par un texte promulgué par l’Enseignement catholique de Lyon le 3 octobre 2018 avec ce beau titre : « Les Écobéatitudes » .

Heureux celui qui s’émerveille et sait que, créé par Dieu, il est aimé inconditionnellement de Lui !

1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

(Prenons quelques instants de silence pour nous mettre en présence de notre Dieu.)

3. Lecture de l’encyclique

1. « Laudato si’, mi’ Signore », – « Loué sois-tu, mon Seigneur », chantait saint François d’Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe ».

1. 2. Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. La violence qu’il y a dans le cœur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres vivants. C’est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, qui « gémit en travail d’enfantement » (Rm 8, 22). Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7). Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure.

4. Enracinement

Cette introduction de l’encyclique, qui nous renvoie aussi bien à François d’Assise qu’à des citations bibliques, nous met, de suite et clairement, en situation.

– Le Cantique des créatures

Laissons-nous porter vers le créateur par François d’Assise :

Extrait de l’Oratorio de François des oiseaux, lu par Michaël Lonsdale.

Très Haut, tout puissant et bon Seigneur,

à toi louange, gloire, honneur,
et toute bénédiction ;
à toi seul ils conviennent, O Très-Haut,
et nul homme n’est digne de te nommer.

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière ;
il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour sœur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour frère Vent,
et pour l’air et pour les nuages,
pour l’azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre sœur Eau,
qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour frère Feu,
par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux,
indomptable et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour sœur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour ceux qui pardonnent par amour pour toi ;
qui supportent épreuves et maladies :
heureux s’ils conservent la paix,
car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre sœur la Mort corporelle
à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;
heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.

Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez-lui grâce et servez-le
en toute humilité.

Saint François d'Assise, basilique Notre dame d'Avioth, portail de la Vierge.
Saint François d’Assise, portail de la Vierge (S), Basilique d’Avioth. (Photo©P. SCharff )

– La Genèse

C’était à la vigile pascale, et nous lisions en première lecture de la vigile le texte de la création : « Et Dieu vit que cela était bon » (À la vigile, nous lisons le chapitre 1.)

Lecture du livre de la Genèse, chapitre 2

 Telle fut l’origine du ciel et de la terre lorsqu’ils furent créés. Lorsque le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, aucun buisson n’était encore sur la terre, aucune herbe n’avait poussé, parce que le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol. Mais une source montait de la terre et irriguait toute la surface du sol. Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant.

Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d’Éden pour irriguer le jardin.

Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. » …

5. Méditons

– « Pour qu’il le travaille et le garde » : Dans la pensée de la Bible (et de Dieu), l’homme n’est pas « installé comme propriétaire à son compte ». Travailler c’est développer, faire progresser; et garder, c’est « être fidèle au projet, à la destination de cette terre. Tout indique que c’est la vie qui est l’objectif de ce jardin.

Merci, Seigneur, de nous confier ton œuvre, de nous inviter à partager ton projet.

Merci, Seigneur, de la pleine confiance que tu nous fais. A tes yeux, nous ne sommes pas seulement des travailleurs – consommateurs, mais porteurs de projets.

Merci, Seigneur, de nous introduire, de cette façon, dans cet amour trinitaire qui nous dit, en même temps, le droit au particulier et le souci du collectif.

Tout y est fruit de l’amour. Même l’interdit ! C’est « inter-dit » : c’est « ce qui se dit entre (inter) ». C’est ce qui rend possible la relation, la confiance et la responsabilité. Si Dieu avait dit : « Tout est à toi, fais comme tu veux », nous aurions entendu là la marque d’une indifférence, d’un détachement, comme un « ça ne me concerne pas ! »

« Tu ne mangeras pas du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal » :  tu ne prendras pas tes désirs comme règle du bien et du mal … sinon, tu mourras. C’est très juste, très concret, très quotidien.

Merci, Seigneur, d’établir avec nous une relation de « partenaire responsable » nous invitant au souci du bien commun, de la maison commune.

Merci, Seigneur, de nous communiquer, dans cet « interdit » ton souci de voir la création réussir.

Merci, Seigneur, de nous alerter sur ce danger : que les désirs individuels prennent le pas sur le bien commun et nous conduisent à des catastrophes.

« Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux. » C’est avec beaucoup de précautions que la bible nous dit les choses : aspect désirable et fruits savoureux. L’ordre des choses est important : le regard avant la main – le désir avant la cueillette – la contemplation avant la consommation.

Apprends-nous, Seigneur, ta sagesse dans notre rapport à ta création.

Apprends-nous, Seigneur, à nous respecter nous-mêmes en nous redisant que « l’homme ne vit pas seulement de pain ».

Heureux, celui qui s’émerveille avant de prendre !
Heureux celui qui sait que, créé par Dieu,
il est aimé inconditionnellement de Lui


6. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

À demain !

1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *