Jour 36 – 4° jour de « Laudato Si »

Heureux celui qui est attentif aux pauvres et à toute fragilité !

Notre intérêt se portera aujourd’hui sur les pauvretés et les fragilités liées à la mondialisation et à la fracture de plus en plus grande entre pays riches et pays pauvres, Nord et Sud.
Samedi, avec Marie, nous nous mettrons du côté des pauvres et des exclus tels qu’en génèrent nos sociétés occidentales, trop axées sur la réussite individuelle et le profit.

Le 7 avril 2020, 138 organisations de la société civile du monde entier (dont le CCFD-Terre Solidaire) ont publié une déclaration commune à l’occasion de la journée mondiale de la santé. Elles appelaient les États et institutions internationales à annuler immédiatement les paiements de la dette extérieure des pays du Sud et à débloquer des fonds d’urgence pour permettre aux pays vulnérables de faire face aux répercussions sanitaires, sociales et économiques de la pandémie du coronavirus. Le jour de Pâques, le Pape François faisait sien cet appel.

Le Pape François veut répondre au coronavirus par la « contagion de l’Espérance ».

1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

« Mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. » (Laudato Si, 49)

Faisons silence pour entendre et laisser monter en nous cette clameur, tant celle de la terre que celle des pauvres.

3. Psaume

« Le Seigneur regarde les justes, Il écoute, attentif à leur cri. »

4. Lecture de l’encyclique

V. INÉGALITÉ PLANÉTAIRE

48. L’environnement humain et l’environnement naturel se dégradent ensemble, et nous ne pourrons pas affronter adéquatement la dégradation de l’environnement si nous ne prêtons pas attention aux causes qui sont en rapport avec la dégradation humaine et sociale. De fait, la détérioration de l’environnement et celle de la société affectent d’une manière spéciale les plus faibles de la planète (…).

49. Je voudrais faire remarquer que souvent, on n’a pas une conscience claire des problèmes qui affectent particulièrement les exclus. Ils sont la majeure partie de la planète, des milliers de millions de personnes. Aujourd’hui, ils sont présents dans les débats politiques et économiques internationaux, mais il semble souvent que leurs problèmes se posent comme un appendice, comme une question qui s’ajoute presque par obligation ou de manière marginale, quand on ne les considère pas comme un pur dommage collatéral. De fait, au moment de l’action concrète, ils sont relégués fréquemment à la dernière place. Cela est dû en partie au fait que beaucoup de professionnels, de leaders d’opinion, de moyens de communication et de centres de pouvoir sont situés loin d’eux, dans des zones urbaines isolées, sans contact direct avec les problèmes des exclus. Ceux-là vivent et réfléchissent à partir de la commodité d’un niveau de développement et à partir d’une qualité de vie qui ne sont pas à la portée de la majorité de la population mondiale. Ce manque de contact physique et de rencontre, parfois favorisé par la désintégration de nos villes, aide à tranquilliser la conscience et à occulter une partie de la réalité par des analyses biaisées. Ceci cohabite parfois avec un discours “ vert ”. Mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres.

51. L’inégalité n’affecte pas seulement les individus, mais aussi des pays entiers, et oblige à penser à une éthique des relations internationales. Il y a, en effet, une vraie “dette écologique ”, particulièrement entre le Nord et le Sud, liée à des déséquilibres commerciaux, avec des conséquences dans le domaine écologique, et liée aussi à l’utilisation disproportionnée des ressources naturelles, historiquement pratiquée par certains pays. Les exportations de diverses matières premières pour satisfaire les marchés du Nord industrialisé ont causé des dommages locaux, comme la pollution par le mercure dans l’exploitation de l’or ou par le dioxyde de souffre dans l’exploitation du cuivre. (…) Le réchauffement causé par l’énorme consommation de certains pays riches a des répercussions sur les régions les plus pauvres de la terre, spécialement en Afrique, où l’augmentation de la température jointe à la sécheresse fait des ravages au détriment du rendement des cultures.

52. La dette extérieure des pays pauvres s’est transformée en un instrument de contrôle, mais il n’en est pas de même avec la dette écologique. De diverses manières, les peuples en développement, où se trouvent les plus importantes réserves de la biosphère, continuent d’alimenter le développement des pays les plus riches au prix de leur présent et de leur avenir. La terre des pauvres du Sud est riche et peu polluée, mais l’accès à la propriété des biens et aux ressources pour satisfaire les besoins vitaux leur est interdit par un système de relations commerciales et de propriété structurellement pervers. (…) Nous avons besoin de renforcer la conscience que nous sommes une seule famille humaine. Il n’y a pas de frontières ni de barrières politiques ou sociales qui nous permettent de nous isoler, et pour cela même il n’y a pas non plus de place pour la globalisation de l’indifférence.

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« Fais paraître Ton jour, que l’homme soit sauvé ! »

5. Enracinement

– Le livre d’Amos, prophète de la justice

Lecture du Livre d’Amos 8, 4-8

Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays,
car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances. Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
Le Seigneur le jure par la fierté de Jacob : non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.
À cause de cela, la terre ne va-t-elle pas trembler, et toute sa population, prendre le deuil ?
Ne va-t-elle pas monter, tout entière, comme le Nil ? Déborder, inonder, comme le fleuve d’Égypte ?

Commentaire

Amos est un prophète du huitième siècle av J.C, à l’époque où la terre d’Israël est partagée en deux royaumes. Petit berger d’un village du Sud, près de Bethléem, il a été choisi par Dieu pour aller prêcher dans le royaume du Nord qu’on appelle aussi la Samarie, du nom de sa capitale. La Samarie traverse une période de prospérité économique et, logiquement, c’est le niveau de vie de toute la population qui devrait s’améliorer… Mais cette période faste ne profite pas à tout le monde et Amos est bien obligé de constater que la richesse ne concerne qu’une catégorie privilégiée et que cet enrichissement des uns naît de l’appauvrissement des autres. Ceci notamment parce que les produits de première nécessité, le pain quotidien ou les sandales, sont entre les mains de vendeurs peu scrupuleux. On en arrive au point où des pauvres n’ont plus d’autre solution pour ne pas mourir de faim ou de froid que de se vendre comme esclaves : « Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. »

Amos est d’autant plus virulent que, depuis cent ans, le royaume du Nord se vante d’avoir balayé l’idolâtrie en supprimant tous les cultes des divinités qu’on appelle les Baals ; en fait, ce qu’il reproche à ses contemporains, c’est d’être tombés dans une idolâtrie plus pernicieuse encore, celle de l’argent.

Désormais, l’homme a un autre maître, l’Argent. Bien sûr, pour quelqu’un dont le premier souci est de gagner de l’argent, un jour férié est une contrariété : un jour de manque à gagner ! « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? » Amos reproche au peuple de Samarie de vivre sa vie tout entière dans l’injustice : les balances sont faussées, la justice est dévoyée, on continue bien à respecter les jours fériés, mais à contrecœur et avec une arrière-pensée. Tout est faussé en somme, et cela se fait sur le dos du pauvre.

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Alleluia ! Allez dans le monde entier proclamer l’Évangile !

– La parabole du riche et du pauvre Lazare

Évangile selon saint Luc 16, 19-31

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

6. Alors, de tes mains…


Si tu dénoues les liens de servitude,
Si tu libères ton frère enchaîné,
La nuit de ton chemin sera lumière de midi,
La nuit de ton chemin sera lumière de midi.
Alors, de tes mains, pourra naître une source,
La source qui fait vivre la terre de demain,
La source qui fait vivre la terre de Dieu.

Si tu détruis ce qui opprime l’homme,
Si tu relèves ton frère humilié,
La nuit de ton combat sera lumière de midi,
La nuit de ton combat sera lumière de midi.
Alors, de ton pas, pourra naître une danse,
La danse qui invente la terre de demain,
La danse qui invente la terre de Dieu.

Si tu dénonces le mal qui brise l’homme,
Si tu soutiens ton frère abandonné,
La nuit de ton appel sera lumière de midi,
La nuit de ton appel sera lumière de midi.
Alors, de tes yeux, pourra naître une étoile,
L’étoile qui annonce la terre de demain,
L’étoile qui annonce la terre de Dieu.

Si tu abats les murs entre les hommes,
Si tu pardonnes à ton frère ennemi,
La nuit de ta passion sera lumière de midi,
La nuit de ta passion sera lumière de midi.
Alors, de ton pain, pourra vivre une Église,
L’Église qui rassemble la terre de demain,
L’Église qui rassemble la terre de Dieu.

Près de nous, des personnes se lèvent, des associations se créent pour « dénouer les liens de servitude, détruire ce qui opprime, dénoncer le mal » et aider les pays du Sud à entrer dans la danse de la terre de demain.

  • L’association Mada-quatre, née de la rencontre de deux couples belges avec le réseau franciscain implanté à Madagascar. Après la création d’un poulailler communautaire dans un centre social, deux écoles de brousse voient le jour.
    Pour les connaître et les soutenir : https://www.madaquatre.be
  • Le mouvement Mojoca, mouvement des jeunes de la rue au Guatémala, pour lequel un concert est organisé chaque année, le premier dimanche de septembre, dans la basilique. Pour les connaître et les soutenir : https://www.mojoca.be
  • Le projet rhéto-Jabiro, né d’un partenariat entre le Collège Notre-Dame du Bonlieu de Virton et une association rwandaise de développement local. Chaque année, des élèves de terminale rejoignent un chantier de construction d’école et y « apportent leur pierre ».
    Pour les connaître et les soutenir : https://cndb.be/ecole/activites/activites-de-6e/rhetos-jabiro/
  • Le CCFD-Terre solidaire, qui agit dans plus de 63 pays contre toutes les formes d’injustices, en s’inspirant de l’évangile et de la pensée sociale de l’Église. Notre paroisse contribue chaque année à sa campagne de carême.
    Pour les connaître et les soutenir : https://ccfd-terresolidaire.org

Et tant d’autres que vous connaissez peut-être et aimeriez ajouter à cette liste…

7. Prière

Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde
et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.
Touche les cœurs
de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir
la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.
Pape François.

8. Notre Père

Baba Yetu : Notre Père, en swahili, langue bantoue parlée dans la plupart des pays d’Afrique de l’Est.

À demain !

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