Jour 39 : 3° dimanche de Pâques

Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie !

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Notre prière avec l’encyclique « Laudato Si » laisse place à la liturgie du dimanche. Le dimanche est le jour où nous nous assemblons à l’invitation du Seigneur.

Nous ne pouvons pas nous rassembler ; au moins, notre prière se nourrit de la même Parole, celle du 3° dimanche de Pâques.

Nous ne pouvons pas encore marcher ensemble sur le chemin ; au moins devrions-nous respecter la « distanciation sociale ». Les disciples d’Emmaüs, eux, vont de Jérusalem à Emmaüs. Nous sur le chemin de nos réseaux d’information, sur le fil de nos téléphones, sur les ondes d’internet, nous causons.

« De quoi discutiez-vous en chemin ? » Il viendrait bien d’une autre planète celui qui se poserait et nous poserait cette question ! Évidemment bien sûr, nous causons de « covid 19 », de « déconfinement », de « ceux qui travaillent pour que la vie continue », des dernières trouvailles plus surréalistes que médicales de Donald Trump, de nos amis ou connaissances touchées par la maladie …

La teneur de nos discussions est semblable à celle de la conversation des disciples d’Emmaüs : « les derniers événements de Jérusalem ; Jésus, ce prophète puissant ; nos chefs l’ont tué ; voici 3 jours qu’ils l’ont crucifié. En Lui, nous espérions ».

Nous espérions, notre monde espérait en ses capacités technologiques, en la puissance de son système, en sa capacité de nous assurer un niveau de vie décent; nous espérions, notre monde espérait dans le progrès de nos sécurités, de nos libertés; nous espérions, notre monde espérait en la croissance. 

« Mais avec tout cela, voici déjà le troisième mois (dans l’évangile, c’est le troisième jour) qui passe depuis que ça nous est tombé dessus (l’évangile dit : depuis que c’est arrivé). Oui, il y a bien sur nos réseaux sociaux quelques annonces exceptionnelles sur des remèdes magiques, mais ce sont souvent des « fake news » !

« Nous, nous espérions que c’était Lui qui allait délivrer Israël ». Oui, il y a bien quelques femmes qui nous ont raconté bla bla bla …, mais nous, on n’a rien vu !

« Que votre cœur est lent à croire ! »

C’est l’étranger du chemin d’Emmaüs qui nous rassemble ce matin pour nous nourrir de sa Parole « en partant de Moïse et de tous les prophètes, pour « ouvrir nos cœurs à l’intelligence de sa Parole ».

1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Kyrie

Reconnaissons que nous sommes pécheurs :

  • Pour nous laisser conduire par des bonheurs superficiels et illusoires.
  • Pour nos cœurs lents à croire et notre méconnaissance de Ta Parole.
  • Pour la légèreté avec laquelle nous vivions nos eucharisties (quand elles étaient possibles).

3. Prière

Garde à ton peuple sa joie, Seigneur, toi qui refais ses forces et sa jeunesse ; tu nous as rendu la dignité de fils de Dieu, affermis-nous dans l’espérance de la résurrection. Par Jésus Christ, ton Fils, Notre Seigneur. – Amen.

4. Écoutons la Parole de Dieu

– Première lecture

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1, 17-21)

Vous le savez : ce n’est pas par des biens corruptibles, l’argent ou l’or, que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères ; mais c’est par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ. Dès avant la fondation du monde, Dieu l’avait désigné d’avance et il l’a manifesté à la fin des temps à cause de vous. C’est bien par lui que vous croyez en Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts et qui lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.
Parole du Seigneur. – Nous rendons grâce à Dieu !

– Psaume

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Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort. »
Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable.
Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption.
Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

– Évangile

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 13-35)

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. 

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. 

À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »

Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » 

À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Acclamons la Parole de Dieu ! – Louange à Toi, Seigneur Jésus !

– Commentaire

« Le même jour – le premier jour de la semaine ». Le jour de Pâques, le dimanche de pâques. Ainsi, depuis ce premier jour de la nouvelle création dans le souffle de la résurrection, les chrétiens se réunissent chaque dimanche pour se laisser travailler selon l’Esprit de ce monde nouveau, celui de la vie sur laquelle la mort n’a plus aucun pouvoir. Le ressuscité rencontre chacun sur son chemin : les femmes avec leurs aromates ; Pierre qui s’en retourne chez lui tout étonné ; Cléophas et son ami qui repartent à la maison déçus de la tournure des événements ; les onze qui croient voir un esprit et qui n’osent pas y croire jusqu’à ce que le Ressuscité leur « ouvre le cœur à l’intelligence des Écritures ». Ainsi, de dimanche en dimanche, nous sommes de ceux-là que le Ressuscité rencontre et dont il fait une communauté avant d’en faire un corps qu’il présentera à son Père. Alors, la mort sera définitivement vaincue.

« De quoi discutiez-vous en chemin » – reprise de l’ Écriture à travers Moïse et tous les prophètes – explication de l’Écriture – fraction du pain – mission d’annonce : nous reconnaissons facilement la trame de chacune de nos eucharisties. Chaque dimanche est pâques. Chaque dimanche est rencontre nourrissante. Chaque dimanche est envoi pour annoncer la Nouvelle. Le Ressuscité fait vivre l’Église.

Bientôt viendra ce dimanche où nous nous retrouverons à nouveau. Cette longue interruption nous aura, s’il en était besoin, sortis de notre répétition qui pouvait faire routine. Nous pourrons de nouveau goûter à sa nouveauté, partager notre espérance et proclamer ensemble notre foi. En attendant, la Parole de ce matin vient réveiller nos cœurs et, dans l’élan de la prière, en esprit et en désir, rassembler le corps du Christ que nous formons malgré notre dispersion. La résurrection n’est pas une fake new. « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

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5. Prière universelle

Pour tous les hommes de notre monde, pour notre Église, supplions le Père qui a ressuscité Jésus.

Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement.

La Bonne nouvelle est une nouvelle qui se partage. Prions pour l’Église chargée d’annoncer à tous les hommes la Bonne Nouvelle de la Résurrection. Qu’en ces temps particuliers l’Esprit Saint éclaire ses chemins. Qu’après ce temps de confinement, elle sache redevenir une « Eglise en sortie ». Seigneur notre Dieu, nous t’en supplions.

Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement.

Dans sa mort et sa résurrection, le Seigneur nous apprend les chemins de la vie. Prions pour ceux qui exercent des responsabilités. Qu’ils sachent se mettre au service de tous pour ouvrir de nouveaux chemins de paix, Seigneur notre Dieu, nous t’en supplions.

Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement.

Saint Pierre nous parlé de ces biens corruptibles, l’argent, l’or, ou tout autre qui mènent à une conduite superficielle et parfois destructrice. Prions pour toutes les personnes sous l’emprise d’addictions, en particulier les jeunes. Qu’ils soient soutenus sur leur chemin de libération, Seigneur notre Dieu, avec le pape François, nous t’en supplions.

Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement.

« Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies ». Prions pour celles et ceux qui se détournent de l’Église, et ceux qui s’égarent dans le désespoir. Que de joyeux témoins Pâques leur montrent le chemin de la vie, Seigneur notre Dieu, nous t’en supplions.

Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement.

« Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine) ». Prions pour notre communauté rassemblée dans la foi en Christ en ce 3°dimanche de Pâques. Que la joie de la Résurrection illumine nos cœurs et rayonne autour de nous, Seigneur notre Dieu, nous t’en supplions.

Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement.

Seigneur, la résurrection du Christ est source d’espérance. Daigne la révéler à celles et ceux qui ne croient plus en l’avenir et en la vie. Nous t’en supplions, toi qui règnes pour les siècles des siècles. — Amen.

6. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

Salve Regina !

7. Temps de communion spirituelle

Si vous souhaitez poursuivre par un temps de communion spirituelle. (Mais peut-être préférerez-vous vous associer à une messe télévisée)

PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS (CHAPITRE 15)

01 Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon,

02 c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.

03 Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures,

04 et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures,

05 il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;

06 ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –,

07 ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.

08 Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis.

Basilique Notre-Dame d'Avioth, vitrail eucharistique.
Vitrail eucharistique, Basilique d’Avioth

ACTE DE COMMUNION SPIRITUELLE

 « Seigneur Jésus, je crois fermement que Tu es présent dans le Saint Sacrement de l’Eucharistie. Je T’aime plus que tout et je Te désire de toute mon âme. « Après toi languit ma chair comme une terre assoiffée » (psaume 62)

Je voudrais Te recevoir aujourd’hui avec tout l’amour de la Vierge Marie, avec la joie et la ferveur des saints.

Puisque je suis empêché de Te recevoir sacramentellement, viens au moins spirituellement visiter mon âme.

En ce temps de carême, que ce jeûne eucharistique auquel je suis contraint me fasse communier à Tes souffrances et surtout, au sentiment d’abandon que Tu as éprouvé sur la Croix lorsque Tu t’es écrié : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ».

Que ce jeûne sacramentel me fasse communier aux sentiments de Ta Très Sainte Mère et de Saint Joseph quand ils T’ont perdu au temple de Jérusalem, aux sentiments de Ta Sainte mère quand elle Te reçut, sans vie, au pied de la Croix.

Que ce jeûne eucharistique me fasse communier aux souffrances de Ton Corps mystique, l’Église, partout dans le monde où les persécutions, ou l’absence de prêtres, font obstacle à toute vie sacramentelle.

Que ce jeûne sacramentel me fasse comprendre que l’Eucharistie est un don surabondant de Ton amour et pas un dû en vue de mon confort spirituel.

Que ce jeûne eucharistique soit une réparation pour toutes les fois où je T’ai reçu dans un cœur mal préparé, avec tiédeur, avec indifférence, sans amour et sans action de grâce.

Que ce jeûne sacramentel creuse toujours davantage ma faim de Te recevoir réellement et substantiellement avec Ton corps, Ton sang, Ton âme et Ta divinité lorsque les circonstances me le permettront.

Et d’ici là, Seigneur Jésus, viens nous visiter spirituellement par Ta grâce pour nous fortifier dans nos épreuves.
Maranatha, viens Seigneur Jésus. »


8. Salutation de notre curé


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