Jour 41 – 8° jour de Laudato Si

Heureux celui qui place le bien du tout avant son intérêt

L’absolu de la formule peut demander des précisions et des ajustements. Comme les béatitudes de l’évangile, celles-ci tracent des perspectives; elles ne se reçoivent pas comme des codes de morale mais comme des appels. Il suffit de penser à « Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice » pour admettre que les béatitudes ressemblent à des panneaux de direction. Ainsi, quand vous voyez le panneau « Paris 400 kms », vous savez 1° que vous êtes dans la bonne direction, 2° que vous n’êtes pas encore arrivés !

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1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

J’entre dans le silence : si des pensées s’agitent en moi, positives ou négatives, interpellé par cette écobéatitude, je commence par les accepter sans embrayer dans la réflexion. Ma décision, ici et maintenant, est celle de la prière et non de la cogitation. Ce n’est pas ma tête qui entre en fonction mais mon cœur profond. Ce qui m’amène ici, c’est le désir de rencontrer le Seigneur. Je me décentre vers Lui en déposant ce qui m’agite.

3. Prions avec l’Église 

Seigneur, tu ouvres ton royaume à ceux qui renaissent de l’eau et de l’Esprit : fais croître en eux la grâce pour que, déjà purifiés de leurs fautes, ils ne rendent vaine aucune de tes promesses et soient disponibles à ta volonté. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur — Amen.

4. Enracinement

– La première épître de saint Paul aux Philippiens

D’abord, ces quelques extraits du chapitre 7, qui nous invitent à la liberté.

29 Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui pleurent soient comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui ont de la joie, comme s’ils n’en avaient pas, ceux qui font des achats, comme s’ils ne possédaient rien,

31 ceux qui profitent de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas vraiment. Car il passe, ce monde tel que nous le voyons.

Commentaire

La liberté apparaît ici comme la capacité à s’attacher. S’attacher à ce monde … c’est un mauvais calcul, car il passe; s’attacher à Dieu et à la permanence de son amour. Il y a là, certainement une grâce à demander dans la prière : 

PSAUME 83     

De quel amour sont aimées tes demeures, Seigneur, Dieu de l’univers !
Mon âme s’épuise à désirer les parvis du Seigneur ; * mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant !
L’oiseau lui-même s’est trouvé une maison, et l’hirondelle, un nid pour abriter sa couvée : tes autels, Seigneur de l’univers, mon Roi et mon Dieu !
Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter encore !
Heureux les hommes dont tu es la force : des chemins s’ouvrent dans leur cœur !
Quand ils traversent la vallée de la soif, ils la changent en source ; * de quelles bénédictions la revêtent les pluies de printemps !
Oui, un jour dans tes parvis en vaut plus que mille. J’ai choisi de me tenir sur le seuil, dans la maison de mon Dieu, * plutôt que d’habiter parmi les infidèles.
Le Seigneur Dieu est un soleil, il est un bouclier ; * le Seigneur donne la grâce, il donne la gloire. Jamais il ne refuse le bonheur à ceux qui vont sans reproche.
Seigneur, Dieu de l’univers, heureux qui espère en toi !

Peut-être ce texte très connu de la même épitre, mais au chapitre 12, nous aidera-t-il à entrer dans les vues de Dieu :

12 Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.

13 C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.

14 Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres.

15 Le pied aurait beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait cependant partie du corps.

16 L’oreille aurait beau dire : « Je ne suis pas l’œil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait cependant partie du corps.

17 Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?

18 Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu.

19 S’il n’y avait en tout qu’un seul membre, comment cela ferait-il un corps ?

20 En fait, il y a plusieurs membres, et un seul corps.

21 L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ».

22 Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables.

23 Et celles qui passent pour moins honorables, ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ;

24 pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. Mais en organisant le corps, Dieu a accordé plus d’honneur à ce qui en est dépourvu.

25 Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.

26 Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.

27 Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.

Commentaire

Il me semble que ce texte de Saint Paul « déplace » un peu l’écobéatitude qui colore notre prière de ce matin. Il ne parle pas en terme opposés du « bien du tout » et de « mon intérêt » ; il n’invite pas à mettre « avant » l’un par rapport à l’autre. Il n’y a, dans ce texte, que « le bien du tout » dans lequel chacun est invité à jouer sa partie. Il est de l’intérêt de l’oreille de se sentir partie prenante du corps. Si elle voulait jouer seule sa partition, elle n’y trouverait même pas son intérêt. Saint Paul invite donc chacun à trouver son intérêt dans l’harmonie du tout. L’avantage, c’est que je n’ai pas à renoncer à mon intérêt au profit du bien du tout; je suis appelé à m’orienter vers mon véritable intérêt : me mettre au service du bien du tout. La dynamique n’est pas de renoncer, mais de discerner. Je ne prétends pas que ce soit facile, mais nous rencontrons un visage de Dieu qui nous conduit à l’épanouissement et non à l’éventuelle frustration du renoncement. « Entre dans la joie de ton maître » à la suite du Christ qui trouve sa joie dans la récapitulation de son CORPS. « Il fallait que le Christ souffre tout cela pour entrer dans sa gloire ». Et Saint Paul n’hésite pas à dire : « Recherchez donc les dons les plus grands » dont il nous dira, juste après, que c’est l’Amour.

Dans l’épître aux Éphésiens, il insiste : « Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. »

Et quelques versets plus loin : « De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude. En vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons pour nous élever en tout jusqu’à celui qui est la Tête, le Christ. Et par lui, dans l’harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance, grâce aux articulations qui le maintiennent, selon l’énergie qui est à la mesure de chaque membre. Ainsi le corps se construit dans l’amour.

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Nous sommes le Corps du Christ

– L’épître de saint Paul aux Colossiens

Au chapitre 3 de son épître aux Colossiens, Saint Paul nous exhorte : « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire. »

Avioth, La Recevresse

La « Recevresse » en est le signe : si la charité peut conduire à la foi, la foi produit le fruit de la charité :

Prions pour celles et ceux qui exercent la charité.

Prions pour que notre foi soit active dans l’amour.

Prions pour que nous ne construisions pas nos vies sur de fausses valeurs.

Prions pour que le cri des pauvres soit entendu. Il est la prière que Dieu nous adresse pour son Corps souffrant.

Demandons à Dieu la grâce de nous libérer des emprises qui nous attachent « aux valeurs d’ici-bas ». Que l’Esprit Saint nous aide à les convertir au service !

5. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

6. Envoi

Pour vivre aujourd’hui de Ta vie, qui vivra de Toi ?

À demain !

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