Jour 42 : 9° jour de « Laudato Si »

Heureux celui qui met son travail et sa technique au service de l’Homme

L’écobéatitude d’aujourd’hui, même si elle tend à nous plonger dans une vision moderne du travail, peut sans difficulté nous relier à l’une de nos dévotions les plus populaires – sans doute parce que porteuse de fruits profonds – la dévotion à saint Joseph. « Saint Joseph travailleur », nous vous confions ce temps de prière !

1. Signe de croix

Au nom du Père et du fils et du Saint-Esprit. Amen.

2. Silence

Laissons ce chant nous conduire vers le silence et la paix du cœur, biens nécessaires à un travail rempli de sens, dans un monde aux sollicitations incessantes. Si nous sommes retraités, nous mettons ce temps à profit pour demander au Seigneur de nous faire découvrir la profondeur et la qualité du temps retrouvé qu’il nous donne.

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3. Lecture de l’encyclique

102. L’humanité est entrée dans une ère nouvelle où le pouvoir technologique nous met à la croisée des chemins. Nous sommes les héritiers de deux siècles d’énormes vagues de changement : la machine à vapeur, le chemin de fer, le télégraphe, l’électricité, l’automobile, l’avion, les industries chimiques, la médecine moderne, l’informatique, et, plus récemment, la révolution digitale, la robotique, les biotechnologies et les nanotechnologies. Il est juste de se réjouir face à ces progrès, et de s’enthousiasmer devant les grandes possibilités que nous ouvrent ces constantes nouveautés, parce que « la science et la technologie sont un produit merveilleux de la créativité humaine, ce don de Dieu ». La modification de la nature à des fins utiles est une caractéristique de l’humanité depuis ses débuts, et ainsi la technique « exprime la tendance de l’esprit humain au dépassement progressif de certains conditionnements matériels ». La technologie a porté remède à d’innombrables maux qui nuisaient à l’être humain et le limitaient. Nous ne pouvons pas ne pas valoriser ni apprécier le progrès technique, surtout dans la médecine, l’ingénierie et les communications. Et comment ne pas reconnaître tous les efforts de beaucoup de scientifiques et de techniciens qui ont apporté des alternatives pour un développement durable ?

Gloria in excelsis Deo !

103. La techno-science, bien orientée, non seulement peut produire des choses réellement précieuses pour améliorer la qualité de vie de l’être humain, depuis les objets usuels pour la maison jusqu’aux grands moyens de transports, ponts, édifices, lieux publics, mais encore est capable de produire du beau et de “projeter” dans le domaine de la beauté l’être humain immergé dans le monde matériel. Peut-on nier la beauté d’un avion, ou de certains gratte-ciels ? Il y a de belles œuvres picturales et musicales réalisées grâce à l’utilisation de nouveaux instruments techniques. Ainsi, dans la recherche de la beauté de la part de celui qui produit la technique, et en celui qui contemple cette beauté, se réalise un saut vers une certaine plénitude proprement humaine.

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N’est-ce pas de cette capacité de l’homme à accomplir des prouesses techniques au service de la beauté, reflet de l’harmonie divine, que nous nous extasions devant un chef-d’oeuvre architectural comme celui d’Avioth ?

Beauté de l’architecture gothique dans la Basilique d’Avioth.

Merveilleuse intelligence humaine :
avant l’apparition du style gothique, l’architecture romane se caractérisait par des arcs “en plein cintre” (c’est-à-dire en demi-cercle) et des voûtes massives. La construction des édifices religieux nécessitait des murs d’appui épais, le plus souvent renforcés par des contreforts accolés.
L’art gothique a résolu les problèmes de forces de l’art roman en utilisant de nouvelles techniques architecturales : la voûte sur croisée d’ogive et l’arc brisé.
Une voûte sur croisée d’ogives est une voûte formée de deux arcs qui se croisent en diagonales. Ainsi, le poids des pierres ne repose pas sur deux mais sur quatre piliers.
Ces innovations ont permis d’édifier des édifices beaucoup plus hauts et fins.
En effet, l’arc brisé et la croisée d’ogive permettent de diriger le poids de l’édifice vers le sol.
Les murs épais peuvent donc être remplacés par d’énormes piliers et être ouverts vers l’extérieur.
L’architecture gothique nous a laissé des édifices présentant des flèches pointues et ciselées, des ouvertures, des rosaces et de nombreux vitraux.
Par ailleurs, pour soutenir le poids des voûtes sur croisée d’ogive, ce style utilise la technique des arcs-boutants.
Ces étais en forme de demi-arc sont situés à l’extérieur de l’édifice : ils reposent sur un contrefort et soutiennent le mur là où s’exercent les plus fortes poussées des voûtes.

Des édifices de lumière
Grâce aux différentes innovations techniques de l’architecture gothique, la lumière devint si abondante dans les cathédrales que leurs constructeurs purent la colorer par des vitraux.
Ces vitraux représentant des scènes bibliques, la vie des saints ou parfois la vie quotidienne au Moyen Âge servaient à l’édification des fidèles, à la manière d’un catéchisme en images.
Ils participaient aussi à la symbolique de la lumière divine et avaient pour but de faire rentrer la présence divine dans la cathédrale.

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194. Pour que surgissent de nouveaux modèles de progrès nous devons « convertir le modèle de développement global», ce qui implique de réfléchir de manière responsable « sur le sens de l’économie et de ses objectifs, pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres ». Il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier, ou la préservation de l’environnement et le progrès. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement. Il s’agit simplement de redéfinir le progrès. Un développement technologique et économique qui ne laisse pas un monde meilleur et une qualité de vie intégralement supérieure ne peut pas être considéré comme un progrès. (…)

Pierre-Yves Gomez est économiste, enseignant et chrétien engagé.

4. Enracinement

La vision biblique du travail

– Des deux récits de la Création, il ressort que, le premier à travailler, dans la Bible, c’est Dieu. Face à la matière informe et confuse du monde, au chaos primordial, Dieu se pose comme ordonnateur – on serait tenté de dire : comme ordinateur – artisan qui distingue, par la Parole, les objets de sa Création, ou les modèle avec ses mains, comme le potier façonne l’argile. Son travail fait œuvre de transformation du monde et lui apporte une évidente satisfaction : « Et Dieu vit que cela était bon. » (Gn 1)

Placé au centre du Jardin, l’homme est appelé à le gérer et à poursuivre ce travail jugé agréable, parce qu’il le met en relation avec la Création. C’est parce qu’il est créé à l’image de Dieu et appelé à sa ressemblance, qu’Adam se voit confier – Dieu fait confiance ! – ce rôle de jardinier et de gardien. Quelle grande noblesse, à l’origine, dans le travail ! L’homme, associé de Dieu !

C’est quand il a dessillé les yeux, après la faute originelle, qu’apparaît le côté pénible du travail, associé à une punition, une servitude : « Maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie. » (Gn 2)

Le travail apparaît pénible quand l’homme en perd le sens, parce qu’il s’est coupé de son Créateur : faire œuvre de transformation du monde, pour que ce soit bon, comme Dieu l’a voulu. Dans le travail, la valeur ajoutée, c’est l’épanouissement de l’homme; le seul profit : l’Humanité, ajustée à son Créateur et à la Création. La conséquence du péché, c’est que l’on passe d’un monde de la bénédiction à celui d’une malédiction, où l’homme s’épuise au lieu de se grandir. Pierre-Yves Gomez nous a parlé du cœur qui se dilate, dans un travail qui nous motive et nous fait nous sentir vivants.

– La parabole du Fils prodigue nous a montré comment, en gaspillant son héritage – sa place de fils – l’homme pouvait fausser son regard : le travail lui sert à gagner sa vie, parce qu’il faut bien manger, et tant pis si la dignité s’en voit égratignée ! Fini le temps de la béatitude, auprès du Père !

Jésus utilisera encore deux autres paraboles pour nous donner quelques indications sur ce que Dieu attend de l’homme, dans son travail de collaboration :

1°) La parabole des Ouvriers de la onzième heure (Mt 20, 1-16) : entre les hommes et Dieu, il y a contrat et volonté de plein emploi ! « Personne ne vous a embauchés ? » Dans sa bonté, le maître envisage le travail comme une chance donnée à chacun de s’accomplir au mieux, et l’occasion de solidarité. La vigne, c’est la fête !

2°) La parabole des Talents (Mt 25, 14-30) : la Création nous est vraiment donnée; chacun doit y trouver sa place, selon ses capacités propres, et ne pas prendre peur face aux exigences du maître. Vivre à son image, c’est se montrer nous aussi créateurs, innovateurs, béné-voles… afin de pouvoir entrer dans sa joie. Mt 25, 23 : Son maître lui dit: « C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ! Entre dans la joie de ton maître. »

– Enfin, dans l’Ancien testament, le travail de l’artisan est toujours valorisé et souvent associé à l’idée de sagesse. « Si tu vois un homme habile dans son ouvrage, Il se tient auprès des rois; Il ne se tient pas auprès des gens obscurs. » (Proverbes 22, 29) / « Si tu trouves parmi eux des hommes capables, mets-les à la tête de mes troupeaux. » (Gn 47, 6) …

– Tandis que saint Paul, durant ses voyages, mettra un point d’honneur à subvenir à ses besoins pour n’être à charge de personne.

5. Prier avec saint Joseph

– Tout est dit, dans ce chant, sur la vocation de l’homme au travail, destiné à épanouir sa vie et à le mettre au service de l’autre, du projet de Dieu et de la création. Nous pouvons l’écouter en suivant les paroles recopiées en-dessous, qui deviendront notre prière.

« Pour permettre en soi la découverte du bonheur, son bonheur »

Saint-Joseph, écoute ma prière
Guide-moi vers Lui comme un enfant
Saint-Joseph, obtiens-moi sa lumière
Pour rester en Lui toujours présent.

1. Bienheureux l’humble époux de Marie
Protecteur et père nourricier,
Accueillant chastement dans sa vie
Un PROJET – SON PROJET.

2. Bienheureux qui peut permettre à l’autre
De grandir, de naître et devenir,
Le témoin silencieux et l’apôtre
D’UN DÉSIR – SON DÉSIR.

3. Bienheureux serviteur d’un mystère
Recensé aux livres des vivants,
Pour rester simple dépositaire
DE L’ENFANT – SON ENFANT.

4. Bienheureux qui vit à mains ouvertes
Et choisit la pureté du cœur,
Pour permettre en soi la découverte
DU BONHEUR – SON BONHEUR.

– Ensemble, prions :

Joseph, modèle de tous les travailleurs,
je te prie de donner ton amour du travail à tous ceux qui en ont un. Qu’ils ne gaspillent ni les fatigues de leurs mains, ni celles de leur esprit, mais qu’en les offrant au Père, ils les transforment en une précieuse monnaie, grâce à laquelle ils pourront mériter une récompense éternelle.
Seigneur, par l’intercession de saint Joseph, modèle des bons ouvriers, je t’en prie : enseigne-moi l’amour pour mon travail. Que j’apprenne à l’accomplir avec justice et honnêteté.
Ô Saint Joseph, qu’à ton exemple, je sache travailler avec reconnaissance, joie, ordre, paix, modération et patience. Par mon labeur, apprends-moi à utiliser tous les dons reçus de Dieu. Avec Joseph, modèle des priants, Seigneur, je t’en prie : fais-moi découvrir les paroles de louange qui glorifient le seul vrai Dieu, de qui viennent toute sagesse et toute sainteté.
Ô Saint Joseph, en dépit de tous les bruits de ce monde, apprends-moi à prier avec le cœur et donne-moi d’aimer les moments précieux où j’invite Dieu à partager ma vie.

6. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

À demain !

2 commentaires

  1. Bonjour
    Quand fête t on saint Joseph ?
    J ai découvert cette belle priere “je vous salue Joseph”
    Je croyais qu on le fetait le 19/3 ?

    Merci encore pour votre travail et votre implication avec votre foi infaillible pour nous transmettre vos si beaux enseignements
    Fabienne DEGLAIRE

    1. Oui, effectivement, la fête la plus connue de saint Joseph est celle du 19 mars. Cependant, en 1955, Pie XII proposa d’instituer la fête de saint Joseph artisan, le 1er mai, jour de la fête du travail. Voici ce qu’on peut lire à ce sujet : “Charpentier de son métier, il coopéra par le travail de ses mains à l’œuvre créatrice et rédemptrice, tout en gagnant le pain de la Sainte Famille et, avec Marie, en éveillant à la vie des hommes l’Enfant que Dieu lui avait confié.” N’est-ce pas un bel hommage rendu à cet homme si humble et si discret ?

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