Jour 54 – 6° jour d’un chemin avec Marie

En ce 1° jour de déconfinement, il s’agit bien d’apprendre une nouvelle manière de vivre et de vivre ensemble. Nous n’allons pas retrouver la vie « comme c’était avant ». Des contraintes vont s’imposer qui vont réinterroger nos sacro-saintes libertés individuelles. Il vaudra mieux choisir ce qui contraint que de s’y résigner. J’ai donc choisi de me laisser guider par le 2° mystère lumineux de la vie de Marie pour nous accompagner dans notre réalité quotidienne.

2e Mystère lumineux : les Noces de Cana (Jn 2,1-12)

Fruit du mystère : confiance en la volonté de Dieu

1. Signe de croix

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

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2. Silence

(« Elle conservait tout dans son cœur ». Comme celui de Marie, mon cœur est occupé de pensées, de souvenirs, d’événements, d’espoirs, de joie, de peurs … Je laisse la paix de Dieu, la certitude de sa présence et de son amour apaiser, ordonner (mettre en ordre) : « Dieu, qui es présent dans le fond de mon cœur, fais-moi goûter à ta présence dans le fond de mon cœur ».)

3. Prions

Marie, Toi qui as su deviner dans le cœur de ton Fils la manifestation de l’amour de son Père pour les mariés de Cana; Toi qui, sans trembler ni hésiter, engage les serviteurs à se mettre au travail, apprends-nous la confiance. Non pas la confiance du pari, mais la confiance de la foi en la fidélité de Dieu. Quand le vin de la joie manque à nos vies, quand l’appréhension ternit la richesse de nos rencontres, quand les contraintes peuvent avoir un goût saumâtre comme l’eau d’un mauvais puits, apprends-nous, Marie, à marcher en présence de ce Seigneur que tu as exalté dans ton Magnificat.

4. Évangile

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (2, 1-12)

Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.
Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »
Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »
Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).
Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.
Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils demeurèrent là-bas quelques jours.

Commentaires

Ce ne sont pas les époux qui demandent, qui se plaignent de manquer, qui murmurent contre l’imprévoyance du maître du repas. C’est Marie qui perçoit, qui devine, qui découvre le malaise dû à l’absence de vin pour les invités ! C’est Elle encore qui se tourne vers Jésus, qui intercède, qui implore : « Ils n’ont plus de vin ». Elle est sûre de Lui, Elle a la manière de toucher son cœur, la manière de l’amour. Ainsi, dans toute notre vie, comme à Cana, c’est Elle qui devine, qui pressent, qui découvre notre détresse, même si nous la tenons cachée, à plus forte raison si nous Lui en parlons.

C’est Elle qui la transmet à Jésus, Lui exprimant notre besoin, notre faiblesse, notre indigence : il n’a plus la foi, elle se décourage, il durcit son cœur, elle se laisse entraîner, il a perdu son travail, elle n’a plus de santé, etc. Et chaque fois, sachons-le bien, Elle est entendue : c’est là sa toute-puissance de Reine Immaculée, la toute-puissance suppliante.

Et c’est Lui qui exauce, c’est Lui qui accorde, c’est Lui qui donne. « Remplissez d’eau ces jarres, puisez maintenant et portez-en au maître du repas ! ».

C’est Lui que le miracle glorifie, c’est à Lui que les disciples s’attachent. « Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en Lui ! ».

Écoutons Jean-Paul II nous dire cela si bien :

« Marie va au-devant de toute la gamme des besoins des hommes et de leurs nécessités, et c’est en vue de les introduire dans le rayonnement de la mission messianique et de la puissance salvifique du Christ. Il y a donc une médiation. Marie se situe entre son Fils et les hommes dans la réalité de leurs privations, de leur pauvreté, de leurs souffrances. Elle se place « au milieu », c’est à dire qu’Elle agit en médiatrice, non pas de l’extérieur, mais à sa place de Mère, consciente comme telle de pouvoir montrer au Fils les besoins des hommes ou plutôt d’en avoir le droit. Sa médiation a donc un caractère d’intercession. Marie intercède pour les hommes.

Ne craignons donc pas, en La mettant dans notre vie à sa vraie place de Mère et de Reine, de nous détourner de Jésus. Tout au contraire, une fois son intervention faite pour nous auprès de Jésus, elle nous dit comme aux serviteurs des noces :

Tout ce qu’il vous dira de faire, faites-le.

Elle ne nous retient pas à Elle, Elle nous conduit à Lui, Elle nous porte à Lui, Elle n’a pas d’autre rôle, pas d’autre mission, pas d’autre raison de vivre. C’est là toute sa joie, tout son bonheur : faire de nous des copies ressemblantes de Jésus-Christ. »

4. Continuons notre prière

La première en chemin, tu provoques le Signe et l’Heure pour Jésus de se manifester. « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le » et vos vignes, sans saveur et sans fruit, en sont renouvelées. – Marche avec nous, Marie aux chemins de l’écoute …

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Marie devine nos besoins, mais nous pouvons en même temps lui parler de ce temps qui s’ouvre aujourd’hui. Nous pouvons évoquer avec elle les incertitudes qui nous tiraillent, les appréhensions qui nous traversent, les manques et les besoins, les injustices qui se creusent, les crises qui nous attendent.

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La première en chemin, brille ton Espérance, dans ton cœur déchiré et la nuit du tombeau. Heureuse, Toi qui crois, d’une absolue confiance; sans voir et sans toucher, tu sais le Jour Nouveau. Marche avec nous, Marie, aux chemins d’Espérance …

Nous pouvons entendre d’Elle la pressante invitation : « Faites tout ce qu’Il vous dira ! ». Avec la douceur d’une mère qui apaise l’angoisse de son enfant, Marie veut nous communiquer sa liberté et sa force intérieure, fruits de sa foi assurée et confiante. Marie nous communique la grâce de la confiance. En elle, nous pouvons en contempler les effets : Marie est debout, jusqu’au pied de la croix ! « Faites tout ce qu’il vous dira ». « Et ils les remplirent jusqu’au bord ! ». Essayons de remplir jusqu’au bord nos journées d’actes d’humanité, d’actes qui portent la vie, et Dieu en fera le vin d’une alliance nouvelle et éternelle.

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La première en chemin, avec l’Église en marche, dès les commencements, tu appelles l’Esprit. En ce monde aujourd’hui, assure note marche; que grandisse le Corps de ton Fils Jésus-Christ » – Marche avec nous, Marie, aux chemins de ce monde …

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5. Salve regina

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, 
Notre consolation, notre espoir, salut !
Enfants d’Ève, de cette terre d’exil nous crions vers vous;
Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant 
dans cette vallée de larmes.
Ô vous, notre Avocate, tournez vers nous vos regards compatissants.
Et, après cet exil, obtenez-nous de contempler Jésus, 
Le fruit béni de vos entrailles,
Ô clémente, ô miséricordieuse, 
ô douce Vierge Marie !

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6. Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

7. Psaume

Psaume 138

Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais (ou tu me connais) !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées.
Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers.
Avant qu’un mot ne parvienne à mes lèvres, déjà, Seigneur, tu le sais.
Tu me devances et me poursuis, tu m’enserres, tu as mis la main sur moi.
Savoir prodigieux qui me dépasse, hauteur que je ne puis atteindre !
Où donc aller, loin de ton souffle ? Où m’enfuir, loin de ta face ?
Je gravis les cieux : tu es là; je descends chez les morts : te voici.
Je prends les ailes de l’aurore et me pose au-delà des mers :
même là, ta main me conduit, ta main droite me saisit.
J’avais dit : « Les ténèbres m’écrasent ! » mais la nuit devient lumière autour de moi.
Même la ténèbre pour toi n’est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière !
C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis : étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait.
Mes os n’étaient pas cachés pour toi quand j’étais façonné dans le secret, modelé aux entrailles de la terre.
J’étais encore inachevé, tu me voyais ; sur ton livre, tous mes jours étaient inscrits, recensés avant qu’un seul ne soit !
Que tes pensées sont pour moi difficiles, Dieu, que leur somme est imposante !
Je les compte : plus nombreuses que le sable ! Je m’éveille : je suis encore avec toi.
Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée, éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur.
Vois si je prends le chemin des idoles, et conduis-moi sur le chemin d’éternité.

À demain !

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